MON PREMIER DÉFILÉ, SONIA RYKIEL

Comment s’habiller pour assister à son premier défilé ?

Voilà la question que je me suis posée lorsque j’ai reçu mon invitation pour le défilé de la Maison Rykiel. Je me suis rendu instinctivement dans mon dressing. Après un rapide coup d’œil, la décision était prise : achats nécessaires courant de la semaine.
J’avais dans l’idée d’investir dans une ou deux pièces de qualité, en misant sur des belles matières, des jolies coupes, rien de bien extravagant. Je voulais adopter mon style du quotidien avec une touche « qualité supérieure ».

Plein d’entrain, je débutais ma semaine, avec la volonté et l’espoir de me trouver deux petites heures de temps libre à la découverte des nouvelles collections. Mais la réalité m’a rattrapé et les cours m’ont pris en otage toute la semaine.

Que faire alors si votre garde de robe est votre seule alliée face à un tel évènement ?

Eh bien le jour-même, faites comme chaque matin. Cherchez la tenue avec laquelle vous avez envie de vivre votre journée. Prenez votre invitation et lancez-vous dans le tourbillon de la Fashion Week.
Je me suis donc retrouvé sur le pont Alexandre III, comme si j’allais à la fac. J’avais choisi une chemise décontractée, accompagnée d’une veste de costume aux manches retroussées.    Un    jean’s    gris    avec    la    touche    « j’ai    fait    un    mini-ourlet ». Chaussures en cuir noires, toutes aussi décontractées, sac en agneau vieilli et Rayban sur le nez, rien de plus, rien de moins.

Une masse de passants regardait amusée et intriguée les gens descendre sur les quais. Je me suis frayé un chemin un peu honteux du côté «je n’ai pas fait un effort surhumain vestimentairement parlant». Je suis arrivé au sein de cette foule de photographes et de filles aux looks pointus. J’ai tourné la tête et je me suis rendu compte que j’étais à côté de Garance Doré. Cela peut paraître idiot mais j’ai une sorte de grande admiration pour ce qu’elle est, et ce qu’elle fait. À la lecture de son blog, on se dit que c’est une fille géniale. Eh bien, c’est la pure réalité !

Elle semblait complètement accessible et disponible. Son appareil-photo à la main, elle examinait les personnes autour d’elle à  la recherche d’ »Une fille, Un style ». Elle était telle que l’on peut se l’imaginer : génialement cool.

Complètement figé face à la situation, au même moment, une jolie rousse passe devant moi. Magie des défilés : «Je suis journaliste passionnée de mode et j’écris vraiment très bien, mon nom ? Géraldine Dormoy». Cela peut paraître à nouveau idiot, mais j’ai également beaucoup d’admiration pour Géraldine. J’ai une tendance à admirer les gens géniaux, c’est comme ça !

En effet, chaque matin alors que l’appel du droit se fait de plus en plus présent, je m’échappe en direction de la toile. Je prends soin de ne pas oublier mon café et ma vie imaginaire sous le bras. Et je débarque dans le monde «journaliste/ mode/blog » de Géraldine et dans le monde «blogueuse/ ultra cool/jet lag» de Garance. Je prends soin de copier/ coller le tout dans ma vie imaginaire et je finis mon café.

Je me retrouve ainsi doublement figé aux portes de mon premier défilé. Cependant, lors de ces quelques minutes d’immobilisme quelque peu embarrassantes, j’ai pris soin d’examiner la population présente. S’il y avait des personnes aux styles très recherchés, il y avait également tout un tas de gens avec des styles simples mais efficaces.

Loin de moi l’idée de me sentir efficace, je me sentais néanmoins rassuré sur l’aspect simple de ma tenue. Hors considération vestimentaire, j’ai été surpris par l’atmosphère qui régnait. Je pensais me retrouver entouré de personnes relativement hautaines, cloisonnées dans leur fashion univers. Eh bien pas du tout !

Les gens s’ils se regardaient, ne faisaient sentir aucune froideur. Ils étaient relativement joviaux et heureux d’être là. Bien évidement, quelques personnes correspondaient à mes aprioris de novice en la matière mais ils ne représentaient que les satellites : ceux qui n’ont pas forcement d’invitation, ceux qui sont prêts à tout pour se faire remarquer et ceux qui tentent de se donner une contenance en étant simplement là.

Ainsi, je me suis retrouvé dans la salle. Dita Von Teese était en face de moi, souriante. Les lumières se sont éteintes et la musique « Be my baby » a retenti. Mon premier défilé commençait.

La femme de Saint-Germain était là, plus belle que jamais. Elle souriait dans un costume ample surdimensionné. Ses pantalons étaient tantôt ultra serrés, tantôt ultra amples. Les tops ainsi que les robes étaient ceinturés. Les monochromes étaient  doucement rosés. Elle était souriante, légère, affranchie de toute convention.

J’ai adoré chaque tenue, chaque proposition. Ce défilé était parfaitement et simplement Rykiel. Je ne vous cacherai pas qu’un sourire s’est inscrit sur mon visage du début à la fin. Nathalie a salué et en 5 secondes de temps les gens se sont engouffrés vers les sorties. J’ai donc suivi le mouvement.

Cependant, alors que j’avançais péniblement, je suis passé à côté d’Alexandra Golovanoff donnant une interview. Je n’ai pas réussi à ne pas m’arrêter, je m’excuse encore pour les dizaines de personnes derrière moi. J’ai essayé d’écouter, mais le cameraman s’est mis juste devant moi et c’est à ce moment que Carine Roitfeld m’a dit «excusez-moi» pour passer entre lui et moi.

Remis de cette longue conversation avec Carine, je me suis retrouvé sur le pont Alexandre III, non loin de Mademoiselle Agnès. Entre temps, j’avais croisé Nathalie Baye, Virginie Elfira, Audrey Lamy, Mélanie Thierry, Micky Green…

Ma Fashion Week était terminée et s’est aussitôt transformée en un souvenir que je n’oublierai surement jamais.

Antoine Bertoni

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *