CE CONCEPT ÉTRANGE DU HÉROS QUI SOUFFRE

Je n’ai jamais saisi l’intérêt de faire souffrir un héros mâle dans un film. C’est un « héros », il ne peut pas souffrir ! Le héros est ininflammable, imputrescible, waterproof, inrayable, incompressible, incassable, offrant une exceptionnelle résistance aux torsions, à la torture, aux balles de 9mm et au rayonnement radioactif. En somme : le « héros » est indestructible.

Et c’est normal car le « héros » est un homme.

Le « héros »  n’est que le reflet à peine retouché de nombreux pères de famille, à la vie banale et sans heurts. Prenant soin de leurs progénitures, ils sont les garants de la paix, de la justice, de la liberté. Ils peuvent manger énormément sans grossir car ils ont cette faculté. Ils pratiquent une activité sportive éprouvante (musculation, course à pied, console de jeu) car le ménage quotidien ne suffit pas pour dépenser la colossale puissance dont la nature les a dotés.

Et je sais de quoi je parle. Alors quel intérêt de faire souffrir un « héros » du sexe masculin ?

A priori aucun quand il s’agit de sauver le monde d’une invasion d’extraterrestres belliqueux et gluants. On « sulfate » à la mitrailleuse lourde, on cautérise au lance-flammes, deux ou trois grenades pour la forme et on rentre vite à la maison pour ne pas être en retard pour le dîner. Le « héros » est toujours et à jamais au top du top du top de la forme physique.

Quand soudain, l’événement inattendu : « ATCHAOUM ! »

Vous ne rêvez pas. Le « héros » vient d’éternuer. La mécanique est grippée, au sens propre comme au sens figuré. Nul doute qu’il vient de subir une attaque biologique d’une abominable fourberie, quand il rentrait du bois de chauffage, torse nu et par une température négative. Une arme anodine pourtant d’une redoutable efficacité avec les symptômes suivants : fièvre, nez qui coule, maux de tête, courbatures. Ce qui suit est inconcevable : il est faible, il est malade. Il n’arrive même plus à tenir correctement la manette de sa console de jeu, c’est pour vous dire à quel point le monde est sans défense. Les femmes ne peuvent pas comprendre l’atroce souffrance qu’il endure. Il lutte vaillamment contre sa fébrilité, mais aussi contre sa compagne qui exploite de manière abusive son état, ne pouvant s’empêcher de comparer l’incomparable : le ressenti de la souffrance « mâle » à un accouchement. Ridicule comparaison, quand on pense qu’un accouchement est une douleur nécessaire, à la venue au monde d’un « truc » d’environ trois kilos, dont les principales occupations sont : bouffer, dormir, pleurer.

Car il faut avouer une vérité qui ne fera certainement pas plaisir à la gente féminine, mais l’homme endure beaucoup plus que la femme. La preuve, il peut vivre avec, ce qui est en soi, une forme de souffrance.

Et même si certaines adorent maintenir leur « héros » dans un état de faiblesse pour se rendre utiles, il y a certaines douleurs, certaines courbatures qui sont difficiles à soigner. Surtout celles d’un muscle inhérent à l’homme : L’égo.

L’égo est un muscle qui se froisse vite s’il est sollicité à froid. Ce que font si bien les femmes par de viles moqueries et sarcasmes, devant l’homme blessé, un genou à terre. D’ailleurs mesdames, faites ce test simple. Parez-vous de vos plus beaux dessous affriolants, prenez une démarche féline et apportez-lui son aspirine « on the rock » avec une olive. Je vous garantis un prompt et spectaculaire rétablissement mettant au défi les lois de la médecine. Et il redeviendra, en un instant, votre « héros » indestructible.

Pascal DINOT

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