POSE JOB: MANNEQUIN

mannequin femme

La vie des mannequins fascine. Elles sont belles, semblent se nourrir de junk food à tout va, comme nous, mais leur physique semble venir d’une autre planète. Rien ne les change, la grossesse, l’âge, les mauvaises habitudes de vie, on se demande parfois d’où viennent-elles ? Sont-elles si différentes de nous ?
C’est avec cette idée en tête que Pose Mag va désormais présenter des interviews de mannequins et autres professions liées à la mode. Nous commençons cette série avec Mathilde, une jeune française expatriée à NYC. Du haut de son mètre 80, elle s’est confiée à nous.

Peux tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 23 ans et j’ai grandi dans le sud est de la France avant de rejoindre la capitale, et maintenant NYC, où j’espère développer mon expérience du mannequinat !

Mannequin c’est un rêve de petite fille ?

Pas du tout. Petite, j’étais très coquette, j’aimais les vêtements, me déguiser, me maquiller (ça n’a pas beaucoup changé depuis !), mais j’ai toujours envisagé de faire des études et de m’épanouir dans un « vrai » métier. C’est pour cela que j’ai, en parallèle du mannequinat, passé une licence de lettres et fait une école de journalisme.

Comment as-tu fait pour devenir mannequin professionnel?

Un photographe m’a présentée à une agence de mannequin à l’âge de 16 ans. J’ai fait d’abord quelques petits boulots type catalogues dans le sud de la France sans y prendre vraiment goût, avant d’être choisie pour shooter avec David Hamilton. J’en avais entendu parler quelques fois, on disait que c’était un grand photographe qui avait connu beaucoup de succès dans les années 80, au style très controversé, et ce fut pour moi une expérience inouïe. J’ai enfin pu voir que ce métier pouvait me rapprocher d’avantage de l’artistique.

On dit de ce monde qu’il est sans pitié, peux-tu nous dire comment tu le vois toi de l’intérieur ?

Pour résumer ceci en quelques mots, je dirais que dans ce métier, on t’aime ou on ne t’aime pas. On ne peut évidemment pas plaire à tout le monde, mais pour les gens de la mode, il n’y a pas de demi-mesure et ceci est très palpable par nous toutes. Il faut absolument savoir garder la tête froide et ne jamais prendre aucun commentaire à cœur, ce qui n’est pas toujours évident quand on est très jeune et de surcroit, dans un pays étranger comme beaucoup de filles qui arrivent des pays de l’est… Certains couturiers, lors des fittings, vont vous trouver disproportionnées de là, ou d’ici, trop grandes, pas assez en chair, trop en forme etc… Et la maison voisine vous dira le contraire !
Il n’y a bien souvent aucune précaution prise à ce sujet, personne n’est très discret, et pour s’en défendre, vous entendrez toujours ces personnes-là vous répondre que « ça fait partie du métier »…

femme mannequin

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans ce métier?

En terme de « tâche » de travail, je dirais que les fittings sont ce qu’il y a de plus éprouvant dans le métier. Chaque styliste d’une maison de couture élabore ses collections, d’abord à partir d’un croquis, puis sur un mannequin. Les couturiers qui travaillent en sa collaboration tentent de reproduire le vêtement dessiné à l’identique. Pour cela, ils s’aident d’abord d’un stockman puis d’un mannequin vivant qui doit faire figure de stockman articulé, le temps des essayages. Ces essayages qui peuvent d’ailleurs souvent prendre près de cinq heures intenses, à rester droite et immobile perchée sur de hauts talons.

Tu es désormais mannequin à NYC, pourquoi avoir quitté Paris? Le métier de mannequin est-il différent chez l’oncle Sam ?

J’ai d’abord quitté Paris pour rejoindre mon copain qui travaille à NYC et ensuite, par curiosité de la vie en générale ici. C’est un pari risqué pour moi car je travaillais beaucoup à Paris et je dois repartir de zéro ici. Les marchés de la mode ne sont pas les mêmes ici et à Paris. Les filles des agences parisiennes ne plaisent pas forcement aux clients américains, qui les préfèrent plus en chair ou plus commerciales, et ici la haute couture est nettement moins présente… Mais, j’aime les challenges et si ça ne devait pas fonctionner, alors je baragouinerais moins l’anglais à mon retour et aurai approché l’oncle Sam de près !

C’est quoi une journée type dans la vie d’un mannequin ?

Tu reçois dans ta boite mail ou par message texte, la veille au soir ou le jour même au matin, ton schedule qui est la synthèse de ta journée : tes rendez-vous pour les castings avec l’adresse, l’étage, la personne à rencontrer etc…, tes jobs et tests photos s’il  y en a. Il faut alors être très bien organisée pour ne pas perdre trop de temps car parfois les horaires sont très serrés ! Il est préférable de toujours te renseigner sur ton trajet (arrêt de métro… ) avant de partir de chez toi et de bien préparer ton itinéraire à l’avance !

On pense souvent que vous ne mangez que des soupes et des salades, est-ce que c’est ça ton régime ?

J’ai toujours mangé très sainement mais je suis très gourmande… Du coup je me suis élaboré mon propre régime qui m’évite de grosses frustrations, même si je craque les 3/4 du temps : je mange light la semaine et ne fais plus attention à rien le week-end ! Une chose que je fais chaque matin : manger un bircher muesli que je prépare la veille ! C’est un petit-déjeuner ultra complet, considéré comme le plus équilibré. Il a été élaboré par un médecin allemand et il tient au ventre toute la matinée !

Comment gardes-tu le physique de rêve nécessaire à ce métier ?

Il y a des métabolismes plus ou moins propices à prendre du poids. J’ai la chance de ne pas grossir très facilement, même si depuis que j’ai passé 20 ans, je ne peux plus descendre un paquet de BN à chaque goûter, à moins de prendre 20 kgs dans la semaine ! J’essaie de faire attention: manger de la crème et du beurre allégés, très peu de pain, limiter l’huile et la remplacer par du yaourt dans les salades et surtout de bien manger à chaque repas et jamais entre !

Peux-tu nous raconter un événement marquant de ces dernières années ?

Chaque show est un événement marquant, il y a cette énergie, ce stress qui n’est propre qu’à ce type de jobs, ce sont des sensations identiques qui reviennent à chacun d’entre eux. On a l’impression de partager les mêmes émotions que tous ces gens, qui attendent avec stress et impatience la consécration de longues heures de travail et qui comptent sur nous pour propulser leur génie à son sommet ! C’est vraiment une expérience unique.

mannequin mode

As tu des créateurs favoris ?

J’en aime beaucoup ! J’ai travaillé avec Véronique Leroy dernièrement, j’adore son style, très épuré et super féminin avec un mélange de matières hyper intéressant. Elle a travaillé la maille sur sa dernière collection et j’ai trouvé ça super réussi. Sinon, ce serait sans hésiter Givenchy, Balmain et Balenciaga !

Quelques mots en plus ? Une pensée du moment ? une chanson ? Ou ce que tu veux…

Une chanson qui se prête plutôt bien à l’humeur du moment : le nouvel ep de Slow Club, « Everything is new » !

Mathilde est représentée par les 3 agences suivantes :

Propos recueillis par Aude Bertrand Koubi

2 thoughts on “POSE JOB: MANNEQUIN

  1. Hello Enrique,

    C’est une bonne idée cette série d’article, je crois que même dans la mode on est pas mal à mystifier un peu le job de mannequin. A+ et bonne année :)

    Geoffrey – BonneGueule.fr

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