BART & BAKER

It don’t mean a thing, if it ain’t got that swing”. Cette phrase ne vous dit rien? Alors, il serait grand temps pour vous de réviser vos classiques du jazz et pourquoi pas en y ajoutant un soupçon de modernité. Pour y remédier, le duo inséparable de DJs Bart&Baker se font une joie de vous plonger en plein coeur de leur spécialité, l’Electro-Swing. Ce style complètement déjanté mêlant sons rétro et rythmes électro.

Comment vous êtes-vous rencontrés?

Notre rencontre date de 1998, à la faveur d’une convention de collectionneurs de disques. Un vendeur voyant que nous recherchions des disques de la période Phase4 Stereo (pour les connaisseurs) nous a mis en contact. Ensuite, nous avons voyagé à travers le monde pour ratisser les boutiques de disques de New York à Stockholm. C’est finalement en 2001 que nous avons eu l’envie de devenir DJs car nous fréquentions les après-midis dominicaux du club Vinyl (New-York – Tribeca). Il s’agit d’une soirée intitulée « Body and Soul » devenue culte depuis et qui avait le talent de mélanger sons souls, disco, latinos et house, mixés par des Djs de tout âge (Joe Claussell, Danny Krivit et François Kevorkian), pour un public également varié et très tolérant musicalement. Pas d’alcool en vente. Pas de drogues en vue.

Nous avons été conquis et l’envie de proposer quelque chose d’équivalent à Paris a commencé à germer. Nous avons testé le concept à la Favela Chic pendant un an et au Andy Wahloo pendant 3 ans. Après avoir découvert les soirées Swing au Divan du Monde, nous sommes tombés amoureux de cette danse, de cette musique et du public…

Comment définissez-vous votre style?

Nous avons créé un terme pour décrire ce que nous passons…le « sleazy listening ». C’est un trait d’humour car Sleazy Listening renvoie à ce qui est ringard, moqué par les gens de goût. Mais comme pour nous, tout est question de générosité entre le public et les Djs, c’est bien sûr un exercice de style…disons du Club Jazz, de la Grande Variété, des Mash Ups et du Neo Swing et de l’Electro-Swing !

Comment vient-on à faire de l’Electro-Swing? D’où est venue l’envie de mixer de vieilles chansons avec des rythmes électro d’aujourd’hui?

En fait l’Electro-Swing ne s’est vraiment appelé comme ça qu’à partir du moment où le label Wagram a labellisé le terme après le succès du premier Caravan Palace. Auparavant, il y avait tout un tas de morceaux qui rentraient dans cette catégorie, les remixes des compiles Verve par exemple. Mais on ne les nommait pas forcément de cette façon. L’album « Swing for Modern Clubbing » de G-Swing en  2006 a ouvert le voie et nous avons juste patienté, le temps de comprendre la production musicale et d’investir dans un studio en 2010.

Vous sentez-vous comme les porte-paroles de l’Electro-Swing en France, voire en Europe?

Pas du tout ! Loin de nous le rôle de porte-drapeau ou chef de file de quoi que ce soit. Nous sommes plutôt des travailleurs acharnés et des créatifs… Après, c’est le public qui décide. Mais pour répondre sérieusement à cette question, il n’y a pas vraiment de communauté Electro-Swing car les gens qui écoutent cette musique ou achètent les disques ne se retrouvent pas forcément dans le public des soirées. C’est une communauté à plusieurs facettes.

Pourquoi s’appeler Bart & Baker?

L’idée nous est venue en prenant un cocktail. Baker a choisi son nom en hommage à la grande Joséphine Baker qui fut une amie proche de sa maman, elle-même grande pianiste classique et compositrice d’Opéras. Il a sauté sur ses genoux tout petit et Joséphine a dit un jour à ses parents: « laissez moi adopter votre fils.” C’était une plaisanterie puisqu’il n’était pas orphelin mais l’anecdote explique son pseudo d’artiste. Pour Bart, c’est en hommage au Bart de la série « Simpsons ». C’est la touche de modernité et d’impertinence du duo !

Votre look est indissociable de votre image. On pourrait dire que c’est une tenue de scène. Comment vous est-venue l’idée de porter un costume en queue de pie et chapeau haut de forme ? Cette idée allait-elle de soi?

L’idée revient à Baker. Il a eu la chance de participer aux dernières grandes revues des Folies Bergère et il a gardé de cette époque un grand respect pour les artistes de music hall et la conviction qu’un artiste ne doit jamais prendre la scène sans un « habit de lumière ». C’est une jolie tradition et c’est en hommage au public qui fait l’effort de venir nous soutenir. Nos tenues sont d’ailleurs interchangeables, une fois blanche et noire, une fois noire et blanche. Nous faisons la fortune de notre blanchisseuse.

Vous mixez partout en France et en Europe. Comment arrivez-vous à concilier votre vie de DJs et le reste?

Il est vrai que les personnes qui ne nous connaissent pas pensent que nous avons une vie de marathoniens mais finalement nos activités professionnelles nous ont apprises à être super organisés. De plus, nous avons appris à ne pas surenchérir sur le nombre de soirées et d’apparitions pour ne pas lasser le public. Cela nous permet d’essayer de toujours apporter des nouveautés à nos sets.

Votre nouvelle compilation Electroswing 4 vient de sortir. Comment votre choix se fait-il?

Sur cette compilation, Wagram nous a fixé un objectif précis: des titres de qualités (au niveau de la production) et une photographie de l’évolution du genre vers plus de morceaux clubs. Une migration vers le mainstream, preuve que nous sommes à l’âge de la maturité et que l’Electro-Swing va intégrer le style « club » de plus en plus à l’avenir, ce qui sera probablement une bonne chose pour les artistes et les DJs.

Quels sont les projets pour la suite?

Nous avons enregistré plus de dix morceaux en un an dont beaucoup ne sont pas encore sortis. Nous sommes en train de prévoir l’ordre de sortie. Nous allons faire réaliser des remix à des DJs reconnus et d’autre moins connus mais dont nous admirons le travail. Nous allons également élargir le territoire de Bart&Baker vers d’autre univers culturels mais comme nous sommes des indécrottables superstitieux, nous préférons garder un peu de mystère sur tout cela.

L’effeuilleuse burlesque Lada Redstar nous a également fait le plaisir de ré-enregistrer un nouveau titre avec notre ami et talentueux acteur, comédien et metteur en scène (et aussi chanteur !), Pierre Santini. Il nous a fait l’immense honneur de re-créer une nouvelle version du classique de Paolo Conte (Via Con me) en partageant la partie française avec une petite pincée d’Italie que Lada amène au titre, le tout revisité en Electro-Swing par Bart&Baker. Présentation au public prévue le 16 Décembre à la Paname Burlesque du Balajo.

Pour découvrir le site officiel de Bart & Baker: www.bartandbaker.com

Photos et propos recueillis par Cécilia Rowe.

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