THIERRY MUGLER PRINTEMPS-ÉTÉ 2012

Mercredi 22 juin 2011, 18h00 Jardins des Plantes, Paris : défilé MUGLER HOMMES Printemps/Eté 2012.

Il s’agit là de la deuxième collection/performance vestimentaire de la toute rajeunie maison de couture Mugler, sous l’égide de son très médiatique directeur artistique Nicola Formichetti. Quand ce dernier n’œuvre pas au style de plus en plus avant-garde de la superstar Lady Gaga, il imagine un vestiaire pour l’homme moderne, sous une influence made in Tokyo indéniable, à l’image de Romain Kremer.

On cherche encore la prise USB dans la nuque des mannequins. La géométrie au service de l’épure mais pas seulement puisque ce défilé printemps-été 2012, qui à la différence du précédent, présente un travail des plus intéressants de coupe sur des basiques qui composent ordinairement le vestiaire de l’homme.

Le défilé s’ouvrira par un homme guerrier presque bionique peu enclin au bonheur, soutenu d’une armure de métal tranchante et se terminera par ce même homme esquissant un petit sourire, vêtu de la tête au pied, de blanc immaculé. Entre temps des visions de la vie.

L’homme imaginé par Mugler, tout droit sorti de son cocon et orné d’une sorte de seconde peau de latex ou de cuir, de maille ou de métal, se retrouve un peu ébloui et intimidé par la rudesse les lumières de la ville, devra trouver sa place dans un monde à la technologie toujours plus redoutable.

De l’autre l’homme intégré dans la vie moderne, ou qui fait semblant de l’être pour sauver les apparences, en costume 2 pièces ajusté en coton ou en lin ou en tenue casual short, chemise et petite veste cintrée, mélangeant autant les couleurs et que les matières (jeans, soie, latex…) mais qui n’ oublie pas son appartenance (ou emprise) à une tribu comme le font penser les piercings, les tatouages ou encore ces colliers d’inspiration africaine.

Quoiqu’il en soit, il faudra accepter qu’il y a un corps sous ces vêtements chez Mugler et que ceux-ci le mettront inexorablement en avant si ce n’est pas en valeur.

Niveau coloris il y a de quoi ragaillardir l’humeur morose qui plombait le dernier défilé dominé par le noir et le bleu sombre. Il y a toujours ici le trio essentiel des noirs, gris et bleus mais il n’est pas majoritaire puisqu’il y a de sublimes pastels aussi douces pour l’œil que pour l’âme: un blanc poudré quasi transparent, un violet lilas/lavande et une nuance de vert menthe délicate et fraîche. Printemps ou lueur d’optimiste ?

C’est un deuxième coup d’essai concluant pour Nicola Formichetti et le département homme de chez Mugler, qui réussit à créer une garde robe à la fois avant-gardiste/futuriste et ordinaire mais également un imaginaire riche en significations. La rédaction de Pose Mag suivra donc de près le travail de ce cher Nicola…

Julien Zimmermann-Busset

Credit photo : style.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *