THE PRETTY RECKLESS

Si je vous dis « Jenny Humphrey », vous, les fans de la série américaine Gossip girl, allez me répondre « ah oui, la jeune styliste de Brooklyn qui bosse pour Eleanor Waldorf et qui s’en prend plein la gueule par la jeunesse dorée de l’Upper East Side du fait de son origine sociale ». Jenny Humphrey, ce personnage torturé et sans cesse dans l’ombre de la capricieuse Blair Waldorf, est interprété par Taylor Momsen. Mais la jeune actrice a en réalité une double facette. En effet, celle-ci n’est pas simplement talentueuse derrière les caméras, car figurez-vous qu’est aussi leader d’un groupe de rock nommé « The Pretty Reckless ». Si cela ne vous parle pas encore, cela ne devrait point tarder puisque cet article lui est en fait consacré.

Lorsque l’on sait que Taylor Momsen a à peine 17 ans, on a raison d’être quelque peu impressionné par son parcours brillant, alors je vous laisse imaginer ce qu’a pu ressentir la rédaction de Pose Mag lorsqu’elle a appris qu’elle pouvait assister au concert de « Little J » à Lille ! Vous vous en doutez, nous avons sauté sur l’occasion ; c’est dire que la voir en vrai, suivant activement la série, était assez fou, et puis le contexte de la découvrir dans une salle de concert lilloise l’était finalement encore plus ! Pour information, The Pretty Reckless ne donnait que deux concerts en France, aux fins de promouvoir son premier album Light me up, à Lille comme vous l’aurez compris, puis à Paris. Le show était privé, alors pour pouvoir avoir l’opportunité de voir le groupe sur scène, il y avait un concours organisé par So Music, et puis visiblement des invitations pouvaient être retirées à la Fnac.

Mercredi 23 mars – 20h. Nous arrivons devant la salle de concert, qui ne paie pas de mine vue de l’extérieur, soyons honnêtes. En fait, on ne sait pas trop dans quoi l’on va s’embarquer, mais pour la barbie gothique, comme elle est surnommée dans la série, on pouvait bien faire cet effort ! Mes propos doivent sembler disproportionnés, mais je vous assure que je n’exagère pas en utilisant ce terme « effort ». Effectivement, je dois dire que l’accueil n’a pas été des plus chaleureux, avec notamment un vigile absolument exécrable. Bon, j’ai tenté de relativiser ce regrettable comportement en me disant qu’étant donné la moyenne d’âge du public qui était de… 16 ans, un peu de rigueur s’imposait pour éviter quelconque débordement, mais tout de même, le respect ça existe non ?

20h30. Nous sommes enfin dans la salle, qui ressemble plutôt à un ancien théâtre puisqu’elle en pente avec des sièges au fond, juste derrière la régie. D’ailleurs, nous nous y sommes installés, en attendant patiemment la jeune Taylor et ses musiciens. Quinze minutes plus tard, les parisiens de Bunny and Cloud (notez le parallèle avec Bonnie & Clyde pour ceux qui n’auraient pas saisi la subtilité…). La jeune formation parisienne amatrice de bières nous offre un rock indépendant musicalement impeccable mais perfectible vocalement. J’avais à ce titre l’impression que le vocaliste chantait juste un morceau sur deux, ce qui était assez déconcertant et agaçant. Les mecs, vous faites la première partie de The Pretty Reckless, ce qui s’analyse en une chance inouïe à mon sens, alors on arrête la bière, on se concentre, et on donne tout !

Après un set d’une petite demi-heure aux dissonances des Strokes musicalement et de Brian Molko vocalement, les parisiens quittent la scène pour laisser place aux techniciens qui ont clairement pris leur temps. Quasiment trois quarts d’heure pour installer le matos des

Pretty Reckless alors qu’étonnamment, la batterie et les amplis étaient déjà installés, ça tend au désespoir. S’il y a bien une chose que je déteste en concert c’est l’inefficacité. Oh j’arrête d’être médisante car finalement, j’ai plutôt pris du bon temps du fait de la horde de groupies dont la salle était remplie qui se chamaillait activement pour être devant la jolie Taylor. Oui, c’était amusant et cela me faisait retomber dans l’adolescence parce que je pense que j’aurais été dans le même état quelques années auparavant. Quoique…

22h. La salle est en ébullition, et n’attend qu’une chose : voir la petite Jenny Humphrey pour de vrai. La rédaction de Pose Mag était aux aguets, parce qu’il nous doit d’admettre que nous l’attendions impatiemment également. Après quelques tests du micro de Taylor et des guitares, le groupe arriva, et des hurlements firent irruption. Barbie gothique était enfin là, des dizaines d’appareils photo shootaient sans cesse la belle blonde.

22h15 – Barbie gothique et ses acolytes are in da place. Ce surnom lui allait à merveille ! Effectivement, Taylor nous a sorti des plateformes, des bas sexy et une robe noire en vinyle très courte avec en guise de maquillage des ombres à paupières foncées, du crayon noir et du mascara à outrance. J’étais assez surprise de la voir dans un tel accoutrement. Mais ce look de pin-up gothique lui allait plutôt bien, et était en parfaite adéquation avec le style musical du groupe que je pourrais définir de rock/grunge. L’influence de Courtney Love est indéniable. J’adore Courtney, alors vous imaginez bien que j’ai été conquise par la voix de notre petite Taylor. Quant à eux, les riffs de guitares et de basse étaient lourds, efficaces et parfaitement harmonisés et la batterie venant agrémenter le tout apportait un réel dynamisme à l’ouvrage.

Taylor Momsen est tout un personnage sur scène. On oublierait presque qu’elle n’a que 17 ans et qu’elle est tout droit sortie d’une série américaine. Elle véhicule une tonne d’assurance et de maturité, tout en gardant un côté décalé et glamour. C’est à croire qu’elle veut que l’on occulte ce qu’elle dégage dans Gossip Girl… Pour la petite histoire, la jolie américaine a invité une demoiselle du public à la rejoindre sur scène le temps d’un morceau. C’était hot à ne plus finir compte tenu ses multiples déhanchés et de sa proximité effarante avec la jeune lilloise. Autant dire que les groupies de notre Little J avaient de quoi être rageuses (et elles l’étaient considérant les multiples commentaires que j’ai pu entendre à cet égard…).

Taylor Momsen est provocatrice vous avez dit ? Assurément, mais c’est ça que nous adorons ! Nous avons eu droit à ses trois tubes Make me wanna die, Miss nothing et Just Tonight. Le show d’une durée de 45 minutes était d’une énergie remarquable mais finalement trop court, tant le groupe nous enlise dans une ambiance rock et sexy. Vous me direz, lorsque l’on apprécie un groupe, un concert paraît toujours trop court…

En définitive, après une première partie peu convaincante, mais finalement, on s’en moquait puisque nous n’étions pas venus pour elle, c’est avec stupéfaction que nous sommes sortis de la salle, tant la prestation de The Pretty Reckless était envoûtante. Un groupe déjà professionnel malgré ses deux petites années d’existence qui nous laisse penser qu’une grande carrière les attend. On les suit de près, promis !

Texte et photos : Hélène Payen

Video : Enrique Lemercier

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