MICHAEL JONES

Né à Welshpool en 1952, au pays de Galles, d’un père gallois et d’une mère normande, Michael Jones est très vite attiré par la musique, qu’il aborde avec sa première guitare. En 1971, alors qu’il passe ses vacances à Caen dans la famille de sa mère, Michael intègre un groupe de rhythm’n’blues en tant que guitariste chanteur et décide alors de rester en France.

Six ans plus tard, il auditionne parmi 200 candidats et réussit son entrée dans le groupe Taï Phong. Rencontre avec Jean-Jacques Goldman ! Ils travaillent alors ensemble et séparément. Jean-Jacques Goldman le définit ainsi : « Certains musiciens sont des musiciens de studio, d’autres des musiciens de scène. Michael Jones est un des rares musiciens qui soit les deux à la fois. »

En 1986, il entre définitivement dans la famille musicale de JJG. En décembre 1989, le trio Fredericks – Goldman – Jones se forme et l’aventure durera cinq ans.

Entre enregistrement d’albums et tournées, Michael Jones ne cesse de sillonner les routes de France encore aujourd’hui. Son dernier album « Celtic Blues », produit par le label 13 bis records, vous entraîne dans une ambiance celtique et blues, composé de 13 titres, dont deux en français. Un retour aux sources pour notre gallois qui porte si bien ses lunettes rondes à la John Lennon ?

Vos solos de guitare font légende désormais. Qu’éprouvez-vous à ce moment précis, alors que votre public tout entier frissonne en vous écoutant ?

Très sincèrement, lors de ces solos je me sens comme possédé. Je ne maîtrise plus la technique musicale, je me laisse emporter. Free stage ! Un soir où je me produisais sur scène avec Jean-Jacques Goldman, je m’égarais dans un énième solo, tant et si bien que JJG me demanda de reproduire la même prestation les fois suivantes. Je ne suis jamais vraiment parvenu à rejouer tout à fait le même, l’improvisation étant totale et le ressenti différent à chaque concert.

L’achat de votre dernier album « Celtic Blues » en version anglaise permet d’obtenir gratuitement la version française, grâce au téléchargement. Qui vous a soufflé ce concept ?

L’idée vient de moi. Je tenais à interpréter les chansons dans ma langue paternelle, car cet album est un retour aux sources, à l’esprit gallois dominant ! Mais je ne voulais pas négliger la France pour autant, pays à qui je dois toute ma carrière. J’ai donc choisi volontairement cette option. J’ai personnellement adapté les textes écrits par JJG. Je ne me suis pas contenté de les traduire.

Vous vous produisez parfois gratuitement sur scène, alors que d’autres artistes se produisent pour des sommes phénoménales. Pourquoi ?

De plus en plus, je me rends compte que les places de concert se vendent à des prix exorbitants. Phénomène que je déplore ! Quelques personnes vont jusqu’à économiser durant plusieurs mois pour s’offrir « le concert de l’année », car ils n’auront pas la possibilité de se rendre à un autre spectacle. C’est pourquoi, je tente de maintenir un tarif convenable, ce qui permet aux organisateurs de répercuter les prix des billets à un taux tout à fait abordable ou d’offrir des places gratuites au public en fonction des subventions accordées par la commune.

Les concerts en plein air semblent recueillir tous vos suffrages également, alors que beaucoup privilégient les salles.

Le plein air est idéal l’été, dans le cadre d’un festival et permet une meilleure acoustique, sans limitation du nombre de places. Personnellement, je n’ai pas de préférence, tout dépend de ce qu’on me propose. Bien que beaucoup de personnes s’en étonnent, j’affectionne de me produire dans de petites communes. La relation avec le public est différente. Il me ressente comme un être abordable.

Mi-janvier, Michel Drucker vous reçoit dans son émission « Champs-Élysées », au cours duquel il évoque Jean-Jacques Goldman. À aucun moment, il ne vous interroge sur votre actualité. N’êtes-vous pas las d’être la référence d’un seul homme ou d’un trio ?

Très honnêtement, il était prévu que les lieux et dates de mes prochains concerts défilent sur l’écran dans un bandeau. Mais la technique n’est pas fiable à 100%, et j’ai été victime de ses aléas. Ce n’était pas volontaire. Michel Drucker n’est en rien responsable de cet état de fait. J’aimerais d’ailleurs que le bien-être ressenti, au cours de ses émissions, se propage et se ressente sur tous les autres plateaux.

Votre participation en tant que professeur répétiteur, puis juge sur les plateaux du prime de la Star Academy durant 3 saisons, vous a-t-elle conforté dans votre désir de lancer de nouveaux talents ?

J’ai commis une grosse erreur avec cette émission. Je n’avais pas lu correctement le titre, qui est « Star Academy ». J’étais à l’affût de nouveaux talents, tandis qu’ils sélectionnaient leur Star de demain. En fait, tous ces participants étaient issus d’école de musique et ont été sélectionnés lors de casting sauvage.

Ces émissions ont toujours existé. Qu’il s’agisse de radio-crochets, du petit conservatoire de la chanson de Mireille, ou du petit théâtre de Bouvard… le cadre est idéal pour se démarquer. La nouveauté réside dans la télé réalité qui s’avère être du voyeurisme pur et malsain. Les candidats, quant à eux, oublient complètement les caméras dissimulées çà et là.

Vous travaillez beaucoup avec les jeunes sur leurs arrangements musicaux. Eux de leur côté sont très fiers de bénéficier de votre talent. Plaisir ou professionnalisme ?

À l’aube de ma soixantième année, je tiens à rendre à la musique ce qu’elle m’a donné. Je suis conscient du facteur « chance » qui m’a accompagné tout au long de ma vie artistique et des rencontres providentielles qui ont contribué à ma carrière de chanteur et de guitariste. Je ne cherche plus à étoffer mon compte bancaire, à quoi bon aujourd’hui. Je vis encore de ma passion et partage, dès que je le peux, ma technique vocale et musicale avec de jeunes talents.

Actuellement, la nouvelle mode consiste à poster son enregistrement sur des sites d’investissements. Mais, pour ce faire, il est important que le projet soit abouti si l’on veut se démarquer. Personnellement, c’est là que j’interviens. On retravaille avec ces jeunes artistes, les arrangements musicaux ou je les coache vocalement. Dans cette génération « plug and play », je m’aperçois que les garçons privilégient l’impatience. Les filles auraient une nette tendance à être plus perfectionnistes, plus professionnelles. Rome ne s’est pas construit en un jour !

Vous vous investissez énormément pour les causes humanitaires. Vous participerez le 12 avril à un concert caritatif en Suisse.

Effectivement. Je suis d’ailleurs parrain d’Huntington Avenir avec Joël Bats depuis 5 ans. Cette maladie orpheline est une anomalie génétique rare qui dénombre 50 000 personnes à risque et 9 000 malades. Elle provoque la destruction du cerveau central de manière progressive et entraîne une dégénérescence physique et intellectuelle irréversible. Elle est héréditaire. Avec Joël, nous avons uni nos deux univers, le sport et la musique, en organisant « Foot concert », dans le but de récolter des fonds, afin d’initier et d’aménager des structures destinées aux personnes atteintes de la maladie d’Huntington. Nous sommes parvenus au bout de ces cinq années, à construire et aménager une structure d’accueil sur Allauch. Elle est destinée à alléger le poids des familles et à accompagner les malades en fin de vie.

Je défends également l’association « Sport dans la ville », sur les quais de Saône à Lyon, destinée à insérer dans la vie sociale, les jeunes défavorisés aux parcours périlleux.

Les Enfoirés ont fêté leur 25e anniversaire en Janvier dernier. Quatre heures de spectacle devant 13 000 personnes applaudissant une soixantaine de chansons. Tableaux, costumes, mise en scène, sketchs… le miracle Coluche fait toujours recette en faveur des défavorisés. À quand remonte votre première participation ?

À la toute première ! En 25 ans, je n’ai été absent que trois fois. À l’occasion de la naissance de ma fille Sarah, ou pour des raisons professionnelles, comme les répétitions avec l’équipe de JJG avant un départ en tournée.

En fait, nous nous trouvions au premier rang avec Jean-Jacques lorsque l’idée des Restaurants du Cœur s’est peaufinée. Nous étions sur le plateau de Canal + pour l’émission de Michel Denisot et venions d’interpréter « Je te donne ». Coluche qui se trouvait dans la loge voisine, est venu frapper à notre porte. Il s’est tout d’abord adressé à JJG en lui demandant de lui écrire la chanson destinée au Restau. Puis se tournant vers moi : « Et toi, tu fais quoi ce soir ? ». Voilà, comment je me suis retrouvé à jouer au foot à la Courneuve, au milieu de comédiens, sportifs, artistes et quelques personnalités. Tous étaient venus soutenir le projet de Coluche !

À quand le prochain album ?

Incessamment sous peu ! C’est un album live. « Michael Jones Celtic Blues Live » sera téléchargeable gratuitement sur le net, et vendu en tant « qu’objet souvenir », lors de mes concerts. Une façon de créer le buzz !

Quant à la captation de Celtic Blues, elle est prévue sur Lyon, le 18 Avril prochain, lors de notre passage au Transbordeur. La soirée promet d’être magique !

Retrouvez toute l’actualité de Michael JONES sur Facebook et sur www.michael-jones.net

Propos recueillis par Armelle H.

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