GABRIELLE LAZURE

Née le 28 avril 1957 à Philadelphie (Pennsylvanie), Gabrielle Lazure a passé une grande partie de sa jeunesse au Québec. Elle est parfaitement bilingue. En 1978, alors qu’elle séjourne en France, le temps des vacances, elle décide de rester et de tenter sa chance au cinéma.

Sa beauté diaphane, son aura mystérieux, sa fragilité, sa sensibilité auront raison de son choix. Le 7e art lui sourit et lui offre des rôles à son image. À la fois femme idéale, contemporaine, émancipée aussi … Elle conjugue et interprète ses rôles, en les puisant au plus profond d’elle-même, alternant cinéma et télévision.

Mais Gabrielle Lazure ne se contente pas de « jouer », elle est aussi réalisatrice, scénariste et auteure de chansons. Pour l’heure, elle frappe les trois coups au Vingtième Théâtre avec « Frères du Bled » de Christophe Botti, mis en scène par Thierry Harcourt, du 2 mars au 24 Avril 2011.

Quelles études suiviez-vous au Québec ? À quelle carrière vous destiniez-vous, avant de vous installer en France ?

Je faisais des études de psychologie à l’université de Montréal et en parallèle, je travaillais comme aide soignante dans un hôpital psychiatrique. Mais c’est une base utile pour aborder la psychologie des personnages !

Quel rôle aimeriez-vous incarner aujourd’hui ? Et avec quel réalisateur ?

J’aime les rôles forts en émotion ! J’aimerais avoir l’occasion d’exprimer plus de démesures, de folie, de fragilité. On me propose souvent des rôles de bourgeoise en raison de mon physique assez classique, sans doute. À cause de mes petits seins, on ne me propose pas de rôle de prostituée par exemple, et pourtant c’est le genre de défi qui me plairait !

Récemment, Rémi Bezançon m’a donné un rôle plutôt comique dans son nouveau film « Un heureux événement » et ça m’a beaucoup plu de faire rire !

Certaines actrices déplorent ou appréhendent dès la cinquantaine, les rôles de femmes mures auxquels on les cantonne. L’avez-vous ressenti personnellement ?

Je trouve les rôles, qu’on me confie, plus intéressants aujourd’hui, qu’à mes débuts. Ça ne me dérange pas de jouer les mamans, au contraire, j’ai même déjà joué une grand-mère ! Et puis on me propose encore des rôles de séductrice, vous savez… Par exemple, au Québec, on pense à moi pour interpréter une « cougar », dans une série que j’aime beaucoup. Je trouve dommage que certaines femmes désirent afficher le même visage que lorsqu’elles avaient 30 ans. Pourquoi tenter de figer le temps ? Les traces du temps sont belles et je ne regrette pas ma jeunesse, au contraire, je suis plus heureuse aujourd’hui !

Le théâtre : expérience nouvelle ou nouveau virage dans votre carrière ? Le trac vous envahit-il avant chaque ouverture de rideau ?

J’ai fait mes premiers pas au théâtre Marigny, en 1984, dans « Autant en Emporte le Vent » et j’incarnais Scarlett. Puis j’étais dans la première distribution des « Monologues du Vagin » » dans la version à 3 actrices (avec Princesse Erika et Charlotte Valandrey) en 2001. J’ai également joué dans une comédie « Copié/Collé » au théâtre Michel avec Christian Vadim. En 1990, c’est en tant que chanteuse que je rejoins la scène, avec une tournée de 25 dates en France, Suisse et Belgique. Cette expérience m’a aidé à apprivoiser la scène.

Mais, oui, j’ai toujours le trac tous les soirs ! Mais j’adore ça car c’est un véritable moteur, une source d’énergie !

Qu’est-ce qui vous a séduit dans « Frères du Bled », lors de la première lecture ? L’histoire ? Votre rôle de mère ? Ou tout simplement « les planches » ?

Je connaissais déjà Thierry Harcourt et son travail, mais j’étais particulièrement heureuse de cette rencontre professionnelle. Le texte m’a tout de suite parlé. Je trouve que le thème des secrets de famille est très intéressant car universel. J’étais heureuse d’aborder cette époque de l’histoire de France qu’est la guerre d’Algérie, dont on ne parle pas assez souvent. Quant au personnage de Marcelle, cette maman qui se cache derrière la carapace de ses mensonges, il est très attachant. Et puis j’adore ma petite famille des Molina !

Vous préparez actuellement votre premier long métrage, en tant que scénariste. Pouvez-vous nous dévoiler, d’ores et déjà, quelques brides de l’univers de votre film ?

L’univers de mon film, « Masquée » est assez trouble. C’est l’histoire d’une femme qui mène une vie secrète, démantelée suite à une rencontre inattendue. Ce qui déclenchera chez elle un sentiment de vengeance, suite à des maltraitances qu’elle a subies enfant. Ce n’est donc pas très gai ! Mais c’est un personnage très fort et si intense qui bascule dans la folie ! L’occasion pour l’actrice de rafler des prix d’interprétation !

Parlons ensemble de l’image de la « femme idéale » que vous véhiculez depuis toujours. En matière de mode, affichez-vous quelques préférences de style ou de créateurs ? Lesquels ? Que trouve-t-on dans votre dressing ?

Femme idéale, femme idéale… Il faudrait que tous ces jeunes réalisateurs, que je faisais fantasmer quand ils étaient ados, m’offrent de beaux rôles !!! Je ne me vois pas telle qu’ils me décrivent. Je suis assez « normale » en réalité ! Je m’habille souvent en jeans. Mais, le soir venu, je porte toujours des talons hauts, je me maquille : le tour est joué ! Je ne pense pas qu’une femme doive se déguiser. Il est préférable de se sentir à l’aise dans ses vêtements pour que le charme opère, non ?

À 53 ans, le temps ne semble pas avoir d’atteinte sur votre visage. Quel produit miracle nous conseillez-vous ? Quelle est votre recette en matière de produits cosmétiques, régime minceur, hygiène de vie ?

Mon secret ? Profiter de chaque instant ! C’était la devise de mon père « carpe diem ». La vie est courte. Alors une coupe de champagne, l’homme que j’aime, et puis tout va bien. Les gens se créent des stress inutiles. Si je suis très fatiguée, je dors, ça reste le meilleur des crèmes de beauté ! J’ai la chance d’avoir conservé la silhouette de ma jeunesse, mais pour ça, aucun effort particulier. J’aime manger et comme je partage les repas avec ma fille de 10 ans, je mange plutôt équilibré.

Maman d’une petite fille de 10 ans, vous considérez-vous « mère poule » ou entretenez-vous des relations « copines confidence en tout genre » avec Emma ? Qui stimule l’autre ?

Ma fille est une immense source de joie et de force. J’ai la chance de ne pas travailler tout le temps, alors je lui consacre beaucoup de temps. Ces dernières années, nous avons vécu ensemble de merveilleux voyages aventure, au Kenya et au Qatar. L’été dernier, nous avons réalisé toutes les deux un « road trip » dans le sud-ouest américain. Du Colorado où nous avons de la famille, jusqu’à la côte californienne en passant par Las Vegas. Ce fut fantastique et ça nous a beaucoup rapprochées. J’en profite car l’adolescence arrive à pas de géants !  Je pense que nous nous stimulons toutes les deux. Emma est très mure et aborde la vie avec beaucoup de sagesse ? J’apprends aussi beaucoup à ses côtés, c’est un véritable échange !


Propos recueillis par Armelle H.

Photographie par Franck Laguilliez

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