FASHION WEEK PARIS 2011 – COLLECTIONS HOMME

Continuons notre exploration dans les tendances de la mode masculine pour l’automne/hiver 2011. Après Milan et avant New York, Pose Mag vous propose de découvrir les défilés les plus marquants de la semaine de la mode parisienne.

Du classique, du chic, du luxueux mais aussi de l’ethnique, du coloré, du divertissant. La tendance se confirme : le rouge et l’orange se mêlent au noir, au gris et au beige. Pour les accessoires : le chapeau en feutre genre capeline au masculin et le petit sac/ la pochette qui supplante le cabas.

LANVIN

Allure d’un châtelain un peu précieux en goguette, partant à l’assaut de la ville, tantôt ses mocassins à pompons vernis (sur chaussettes) aux pieds, tantôt des bottes hybrides mi-randonnée mi-futuriste. L’homme chez Lanvin possède un vestiaire bien défini : les pantalons sont soit très larges, longs et souples en draps de laine et cachemire, soit très ajustés et « cropped »  (« aux fraises » en français) en laine ou satin. Les chemises blanches larges, souvent très longues, se portent obligatoirement en superposition d’un col roulé « seconde peau » dans un ton foncé. Cravate ou nœud papillon sont envisagés comme une option. Les manteaux et les vestes sont, quant à eux toujours, cintrés, parfaitement coupés et souvent désapairés, afin d’éviter un ensemble trop formel.

Le plus remarquable chez Lanvin (tout comme chez Vuitton) demeure le choix et le travail du designer Lucas Ossendrijver sur la matière. Au premier coup d’œil, vous remarquerez que le vêtement est luxueux, de bonne facture, attrayant à l’œil et surtout au toucher.

Utiliser des matières comme la soie, le satin, le cachemire permet d’obtenir des nuances de tons superbes et lumineuses comme le gris clair, le beige poudré, le marron glacé, …

Tendance ! Tendance ! Tendance ! La caractéristique majeure de la saison ? La couleur, par petites touches, qui vient égayer les traditionnels noir/gris/marron/beige avec du rouge, de l’orange et du jaune (moutarde). Définitivement les couleurs de la saison !

Côté accessoires, outre le dispensable et peu attrayant sac à dos ; le must de l’hiver prochain reviendra au port masculin du chapeau en feutre façon capeline. Un chapeau assez large qui vous permettra, par un simple hochement de tête, de vous cacher. A mi-chemin entre le chapeau de mafieux napolitain grande époque et le chapeau d’éleveurs de moutons luberonnais.

A retenir :

  • Veste croisée militaire, chapeau et pochette bordeaux
  • Veste en satin gris clair, pantalon carotte en satin nude, gants en cuir orange, nœud papillon jaune moutarde
  • Veste de velours noir, pantalon drap de laine marron glacé, mocassins à pompons bordeaux, chapeau gris souris.

LOUIS VUITTON

Personnellement, j’estimais jusqu’alors que la maison Louis Vuitton ne se démarquait que par sa maroquinerie, surtout sous l’impulsion de Marc Jacobs et Paul Helbers, entre autres. Mais, depuis quelques saisons, je ne regarde (quasiment) plus les accessoires (sacs et ceintures) aux défilés, restant fasciné par la perfection/précision du travail des coupes, des matières du prêt-à-porter. De la laine, du cachemire, de la soie, du velours…

Vuitton rime avec luxe, c’est une chose indéniable ! Au luxe, s’ajoute une modernité incontestable. Tout est dit. Et de l’élégance. Combinaison gagnante.

Prenons l’exemple des manteaux de cuir et de fourrure. Le travail du cuir y est plus qu’attrayant (normal, me direz-vous, pour un maroquinier), celui de la fourrure, audacieux. Ces coupes modernes vous invitent à les porter au quotidien, car facilement coordonnables. Privilégiez de préférence les coupes courtes.

Les pantalons, coupe droite au tombé parfait, en laine ou en velours, ne sont jamais coordonnés en terme de couleur et de matière avec la veste ou le manteau. Sous la veste, une chemise en soie brillante et aérienne, au style décontracté.

Bon, qui dit défilé Vuitton, dit accessoires à foison, parfois jusqu’à l’indigestion ! Mais ici, en dehors des sacs, ce fut modéré. L’accessoire s’utilise pour ajouter une touche de couleur qui viendra défier l’œil : lunettes, écharpes, bracelets orange, gants, pochettes jaune moutarde.

Retenons surtout que la ceinture se porte pour fermer un manteau ou une veste, c’est un impératif. Et que le sac se fait petit et porté main: la pochette, ou baise-en-ville masculin pour faire chic, s’offre toutes les déclinaisons de cuir et de tons possibles. A retenir !

On aime:

  • Manteau en fourrure de renard sur veste croisée crème et pantalon en velours milleraies gris.
  • Costume 2 pièces en laine et cachemire couleur bronze et ceinture fermeture.
  • Veste à carreaux en drap de laine et cachemire avec ceinture fermeture.
  • Gilet/veste en laine, cachemire et soie motif chevron et fermeture kimono. Gants, bracelet et pochette en cuir jaune moutarde.
  • Manteau court de motard en découpes de cuir.

DRIES VAN NOTEN


La réputation du maître-artisan d’Anvers n’est plus à faire en ce qui concerne sa mode inspirée et référencée. Pour cette saison, oubliez la coupe slim fit et osez le costume gangsters, ample, inspiré des années 40/50 avec son manteau pardessus qui vous fera des épaules à la hauteur de vos ambitions mafieuses. Autrement dit, c’est veste croisée, pantalon très ample et fluide et manteau 3/4. Le tout en laine.

Rien que du basique ? Certes. Mais du basique bien conçu, dans de très belles matières, qui vous assurera plus d’une saison. Pas de couleur improbable, tendance pendant 3 mois et qui à l’usure vous provoquera des haut-le-cœur (de regret ?) lorsque vous croiserez la pièce dans votre penderie. Dries Van Noten veut un homme en beige, gris, un homme bien habillé, à l’aise et qui n’a pas à faire de zèle avec ses vêtements puisque sa personnalité fait tout. Un gentleman qui saura apprécier un travail de tailleur. Il y a un petit côté « old school », mais pas suranné, dans la mode que propose Dries Van Noten. Mais pas que…

Les chemises blanches deviennent de longues tuniques fluides, …les vestes se parent d’un col et revers de fourrure, quand elles ne sont pas brodées d’or et fermées par une ceinture kimono. Ethnique : marque de fabrique.

La déception de ce défilé ? Les tricots assurément. Une autre marque de fabrique du créateur belge, ici trop larges (oversized), aux coupes peu flatteuses et aux couleurs inintéressantes.

  • Costume 2 pièces camel en laine dont veste à revers fourrure
  • Trench court en fourrure de coyote. Chemise bleue col blanc. Pantalon en laine beige
  • Manteau/Gilet en laine noire. Chemise blanche tunique en coton et soie et pantalon coupe carotte en laine beige
  • Veste « Harrigton »en laine au col brodé de fil d’or. Pantalon ample en laine noire

KENZO


Pour beaucoup d’entre nous, la mode Kenzo rime avec ethnicité: habits traditionnels folkloriques (Asie, Europe de l’Est…) revisités avec fleurs, broderies, fourrures, afin d’agrémenter des basiques masculins. Pas vraiment d’uniformité et surtout peu adapté au quotidien d’un européen.

Sous l’impulsion d’Antonio Marras, la marque s’est recentrée, afin de proposer des collections cohérentes d’un bout à l’autre. Une thématique entièrement exploitée. Cet hiver, une collection inspirée de l’âge d’or de l’espionnage soviétique. L’Automne/Hiver 2011 sera dédié au parfait vestiaire du dandy anglais. Kenzo nous en offre un manuel, pas à pas. Soyez flegmatiques et résolument rétro en Kenzo !

Les tons parfaits seront, de ce fait, le marron, le rouge brique, le beige et le gris. En mélange ou en camaïeu. On multiplie et superpose les motifs sans crainte. Il y a tout de l’Angleterre dans ces vêtements: le cardigan à motifs « argyle », « tartan », « Jacquard » ou à rayures, ainsi que le pantalon de velours camel taille haute et la veste à carreaux. C’est presque hors-mode ou démodé, version papy ! Quelques touches de couleurs acides attirent cependant l’œil, comme l’orange, le violet et le fuschia. Parfait pour se faire remarquer sur une photo de famille, que l’on déposera fièrement au-dessus de la cheminée, pour mieux la contempler entre 2 tasses de thé.

Et, en tout bon dandy qui se respecte, le costume est impeccablement coupé mais, jamais uni car uni = ennui ! Le port de la cravate ou du nœud papillon tombant est obligatoire. Les brogues en souliers ou en bottes sont indispensables et doivent être parfaitement cirés.

Marras enfonce même le clou en proposant un nombre conséquent de mannequins roux, des chapeaux melons et des kilts. Un peu cliché, mais ça passe dans l’énergie du défilé.

  • Veste de motard en cuir marron. Cardigan à carreaux tons marrons. Pantalon en laine motif « Prince de Galles ». Brogues en cuir usé.
  • Veste à carreaux en laine. Cardigan à rayures. Pantalon plissé en laine orange.
  • Costume tartan 2 pièces en laine. Chemise assortie. Bottines brogues en cuir verni noir.
  • Débardeur en laine à imprimé graphique. Chemise blanche à rayures. Pantalon en drap de laine à carreaux. Bottines brogues en cuir bi-tons.

POSE MAG A ÉGALEMENT AIMÉ :

Le jeune styliste américain ADAM KIMMEL a proposé sa collection dans une petite galerie du Marais. En plein dans la mouvance actuelle des vêtements utilitaristes « handmade in », on retrouve des vestes de travail ainsi que des pantalons de chantier en velours ou en toile épaisse, des gilets en maille large ; le tout dans des tons kakis, marrons, bleus foncés et oranges. Parfait pour les hipsters barbus !

La MAISON MARTIN MARGIELA offre, comme à son habitude, une collection courte et minimaliste. Basique du vestiaire masculin retravaillé sans fioriture avec une pureté de la coupe. Les camaïeux de gris et de beiges sont lumineux. Apaisant.

Nous ne sommes plus à une excentricité près venant de JEAN-PAUL GAULTIER ! Ses hommes seront des espions à la jambe légère et au déhanché hypnotisant, promis à de biens belles folies… euh… aventures, armes à la main ou coincé sous la jupe. Mission: trouvez l’intrus ! Jean-Paul Gaultier offre un défilé-spectacle avec des hommes d’une allure folle, qu’ils soient en smoking, en sarouel, et même en combinaison de plongée… Du cuir, de la fourrure, du PVC…

Le noir intégral est de rigueur. Mais, si l’agent très spécial est d’humeur plus coquine qu’à l’accoutumée, quelques touches d’orange, de rouge, de violet ou de doré seront tolérées.

Si il est un défilé que les fashion addicts masculins aiment par-dessus tout, c’est bien celui de THOM BROWNE, en raison de son spectacle vestimentaire. Imaginez un monarque qui serait également hippie. La mouche et les mouches. Grandeur et Décadence. C’est jubilatoire bien que parfois étourdissant. Des carreaux, des carreaux et encore des carreaux. Mais aussi des coupes parfaites empruntées aux années 60, concoctées à la sauce royale : chemise à manches bouffantes, veste queue-de-pie, pantalon resserré au mollet.

En attendant que vous vous imprégniez de ces nouvelles tendances parisiennes, on se donne rendez-vous prochainement sur Pose Mag pour faire un point sur la Fashion Week new-yorkaise.

Julien Zimmermann

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