Marlon Roudette

En 2005, Marlon Roudette faisait un carton avec le titre “Big City Life”, lui permettant de faire le tour de monde avec son groupe Mattafix. Aujourd’hui, il revient en force dans toute l’Europe avec un album solo, nommé “Matter Fixed” en hommage à son ancien groupe. Son single “New Age” est déjà à la tête des charts allemands. Aujourd’hui, Marlon Roudette espère bien séduire le public français. Pose Mag est parti à la rencontre du jeune homme pour en savoir plus sur lui et revenir sur son parcours.

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours ?

C’est l’histoire d’une double enfance. J’ai vécu à Londres jusqu’à l’âge de 9 ans. Puis, je suis parti sur l’île de Saint-Vincent. C’est là dans les Caraïbes que j’ai découvert la musique et que j’en suis tombé amoureux: le rythme, les mélodies, le côté détendu du style de vie… Mais j’ai été aussi sensibilisé aux questions sociales qui se posent dans un pays en développement économique. Je suis revenu à Londres, quand j’avais 17 ans. Ma vie s’est ensuite résumée aux studios d’enregistrement, à la vie nocturne, à l’énergie créatrice de Londres, à son fonctionnement permanent, si l’on peut dire. J’ai alors réalisé que j’étais peut-être fait pour composer des chansons. C’est une chose qui s’est imposée d’elle-même. Je suis issu d’une famille très créative musicalement. Petit à petit, je me suis aperçu que je ne pouvais pas travailler dans un autre domaine que la musique.

Pouvez-vous nous décrire votre style musical ?

Mon style musical est entièrement le produit de mon histoire. Ma vie est un mélange de genres et cela se reflète tout à fait dans ma musique. Le fait que je sois issu d’une famille mixte, avec des parents noirs et des parents blancs, cela a son importance aussi. Le fait que je sois d’origine écossaise et anglaise… Il n’existe pas un seul style musical qui puisse résumer tout ça à la fois.

Votre musique a-t-elle évolué depuis votre départ du groupe Mattafix ?

Si vous écoutez attentivement une chanson comme “Passer By” sur le premier album de Mattafix, vous vous rendez compte que le titre “New Age” (ndlr: présent sur l’album solo de Marlon Roudette) n’est pas si différent. Mattafix était le résultat de plusieurs styles. Mais peut-être que j’ai l’impression que ma musique a évolué du fait de la contribution personnelle assez conséquente que j’ai dû apporter pour ce nouvel album. Plusieurs membres de mon entourage et quelques journalistes qui ont écouté l’album me disent qu’ils entendent quelques éléments du “son Mattafix”. Mais comme je l’ai dit, le nouvel album est bien plus personnel. C’est la musique qui prime. C’est un aspect que j’avais très envie de développer. Dans ce but, j’ai travaillé avec de nombreux compositeurs, plus traditionnels dans leur approche musicale. Je n’ai fait qu’y ajouter mon côté moins soigné, issu de la rue, par la suite.

Pourquoi avoir décidé de quitter Mattafix et se lancer en solo ?

Je suis parti du groupe tout d’abord pour des raisons logistiques. La créativité de Mattafix s’était essoufflée. Preetesh Hirji et moi-même étions en quelque sorte emprisonnés dès que nous étions en studio. Pour nous, il était devenu évident qu’il fallait se séparer.. Ca m’a fait mal au coeur. La transition n’a pas été facile pour moi. Mais une fois que mes chansons ont commencé à circuler et que j’ai commencé à avoir des retours dessus, je me suis rendue compte que c’était définitivement la bonne solution.

Votre nouvel album s’appelle “Matter Fixed”. Est-ce un clip d’oeil à Mattafix ?

Absolument. Je ne sentais pas prêt à quitter le groupe. Ensemble, nous sommes partis en tournée dans le monde entier. Nous avons écrit des chansons extraordinaires. Nous avons passé des moments formidables. Je suis une sorte de leader de groupe malgré moi. Quand j’étais petit, je n’étais pas le genre d’enfant à s’entraîner devant un miroir avec un faux micro dans les mains. Je ne me suis jamais vu faire ça. J’adore avoir une équipe. Je travaille mieux avec des gens autour de moi. Je suis plus un collaborateur. Je n’étais pas prêt à lâcher tout ça. C’est aussi une expression aux Caraïbes. Elle a un sens très important pour beaucoup de personnes là-bas. Voilà pourquoi j’y suis attaché.

Vous sentez-vous à l’aise avec le fait d’être seul maintenant sur scène ?

Oui, mais je pense que je ne l’aurais pas fait si ces chansons n’étaient pas les miennes et si ma créativité n’était pas là à 100%. Je ne pense pas avoir la voix qu’il faut pour interpréter les chansons de quelqu’un d’autre. Mais je me suis tellement investi dans cet album et dans l’histoire qu’il raconte que c’est plus facile pour moi d’être seul sur scène.

Vous faites parler de vous dans toute l’Europe et vous espérez percer en France également. Que savez-vous sur la France et qu’aimez-vous dans notre pays ?

Je suis venu la première fois à Paris quand j’avais 18-19 ans. J’ai payé mon billet Eurostar avec ma toute première paie. J’ai fait cette chose assez cliché qui est de m’asseoir à un café et je me suis demandé pourquoi plus de gens ne s’installent pas ici. La cuisine, le mode de vie, l’intérêt général pour la musique… Mon meilleur ami habite Bastille, à Paris. Mon filleul est ici aussi. Alors j’essaie de venir aussi régulièrement que je le peux. J’ai quelques très beaux souvenirs. Selon moi, jouer à l’Elysée Montmartre est le point fort de n’importe quel artiste dans sa carrière. J’ai eu la chance de m’y produire avant que la salle ne brûle. Tenir la main de très jolies filles sur les escaliers menant au Sacré-Coeur. Ce n’est pas un hasard si Paris a cette réputation de ville romantique. Mais il n’y a pas que Paris. J’ai voyagé à travers toute la France. Le Sud de la France est magnifique. Je suis allé à Cannes et Marseille à plusieurs reprises. J’ai des souvenirs très précieux de ces endroits. Pour moi, revenir ici grâce à la musique, c’est vraiment très important. Un autre point fort a été de jouer en live pour l’émission de télévision Taratata, faire quelques notes avec Manu Katché. C’est le genre de souvenirs que l’on raconte à ses petits enfants plus tard.

Vous avez sûrement déjà eu l’opportunité de rencontrer vos fans en France. Est-ce que le public français est différent de celui des autres pays européens ?

Le public français s’y connaît bien en musique. La France a un historique musical assez riche. Il faut donc s’y attendre. De ce fait, les Français ne font pas dans la demi-mesure. Ils aiment ou ils n’aiment pas de façon instantanée. Vous savez tout de suite si cela vous plaît ou pas. C’était donc significatif que mon premier single “New Age” ait été bien accueilli par le public.

Quels styles de musique et quels artistes vous inspirent ?

Cela dépend de la période à laquelle on me pose cette question. Actuellement, je dirai que je suis inspirée par les compositeurs de la côte Ouest américaine de la fin 1960/1970. A cette époque, il y avait tout un mouvement musical qui est parti du “Troubadour Club” à Los Angeles où l’on pouvait voir James Taylor, The Eagles, The Birds, le groupe Crosby, Stills, Nash & Young. Il y a deux-trois albums de James Taylor qui tournent en boucle. Mais je fonctionne par phases. Parfois, je me plonge dans le hip hop. D’autres fois, il s’agit plus de chansons à texte. Cela dépend de mon humeur. Maintenant, je me promène dans la rue en ayant accès à un catalogue musical de centaines d’artistes et tout cela tient dans un appareil aussi petit que la main. C’est extraordinaire d’avoir une collection d’albums aussi fournie tout le temps avec soi.

Quel est votre rapport à la mode ? Faites-vous attention à ce que vous portez ?

Je fais beaucoup plus attention maintenant. Avant, cela m’importait peu. Mais le jour où j’ai allumé la télévision et que je me suis vu en train de porter des vêtements totalement inappropriés, c’est difficile de ne pas faire attention ensuite. J’aime porter des vêtements confortables, dans lesquels je suis à l’aise. Pour moi, il n’est pas question de montrer ce que je possède à travers mes vêtements. C’est une extension de ma personnalité. En ce moment, je porte beaucoup de créations par Vivienne Westwood. Les stylistes là-bas m’ont un peu pris sous leurs ailes. Je crois qu’elle ont compris que j’avais besoin d’aide. (rire)

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

En ce moment, toute ma concentration se porte sur mon album solo “Matter Fixed”. Lui donner une chance d’être écouté partout autant que possible. Je suis en tournée jusqu’à Noël. Je reviendrai ensuite pour le Nouvel An en France. Beaucoup de concerts et de promotion. J’ai très envie de faire des festivals également. J’ai hâte de faire tout ça.

Informations

Articles similaires

Rencontre avec Tokyobanhbao

Après l’interview d’Olivia à Paris la semaine dernière, Pose s’intéresse aujourd’hui à une autre blogueuse et illustratrice, Tokyo Banhbao. L’auteur de ce blog laisse planer une part de mystère autour d’elle puisque même si elle bénéficie désormais d’une grande renommée, on ne sait que très peu de chose d’elle. Pour preuve, on ne connaît même pas son vrai nom, ses origines… On pourrait penser qu’elle est originaire du Japon, puisque « Tokyo », mais peut-être aussi vietnamienne car « banh bao » désigne au Viêt Nam un mets constitué d’une brioche de farine, garnie de porc ou de canard et cuite à la vapeur. Après cette intermède culinaire, revenons à la jeune femme. Ce que l’on peut donc affirmer, c’est qu’elle souhaite rester discrète sur sa vie, et elle a d’ailleurs bien raison. Comme elle nous l’a expliqué durant l’interview, au départ sur son blog, elle ne postait même pas de photographie d’elle. Elle a commencé à mettre en ligne certains clichés de ses looks, mais toujours à visage caché, pour finir enfin par se dévoiler à ses lecteurs quelques temps plus tard. Discrète et professionnelle, on en est sûr. Pour caractériser plus précisément la blogueuse, on pourrait parler de gentillesse et de générosité, mêlées à un caractère affirmé, et surtout beaucoup d’humour. On ajoute à cela un style vestimentaire élégant, simple et original à la fois, beaucoup de charme, et on obtient Tokyobanhbao.

Lire

Matthieu Charneau

Après avoir obtenu son BAC S avec mention en 2006, Matthieu Charneau a commencé des études de commerce en Agro Alimentaire. Cette orientation ne l’ayant pas convaincu, il a cherché à se rapprocher du monde artistique et créatif. Il a alors pris la décision de suivre une formation de coiffeur. Après plusieurs récompenses obtenues dans cette nouvelle activité, il se dirige petit à petit vers une carrière de modèle. Un choix judicieux puisque Matthieu Charneau a été choisi dernièrement par Nicola Formichetti (Directeur Artistique de Thierry Mugler et styliste de Lady Gaga) pour apparaître dans la vidéo de la dernière campagne masculine de la Maison. La rédaction de Pose Mag a décidé d’en savoir plus sur ce jeune homme, dont le charme, la plastique irréprochable et la simplicité nous assurent que l’on n’a pas fini d’entendre parler de lui. Voici ce qu’il nous a confié.

Lire

Manu Larrouy

Révélé « Découverte » 2009 des Francofolies de la Rochelle, grâce à son premier album, « Mec à la Coule », Manu Larrouy quitte alors Toulouse pour s’installer à temps plein à Paris. Il peut ainsi, tout à loisir, envisager son nouvel album et composer quelques chansons d’amour, mettant de côté le reggae qui rythmait son opus précédent. Beau (vous en conviendrez !) mais également chancelant et vulnérable, Manu Larrouy nous revient avec un album pop et romantique : 12 titres teintés d’émotions, dans lequel il nous révèle ses failles sans pudeur. Sorti le 16 avril, « Des mots doux, des mots durs » parle d’amour, de vérité, de la fragilité d’un couple. Bref ! Manu nous parle de lui et de sa vie amoureuse devenue chaotique le jour où sa belle part sans se retourner. La faute à qui ? L’album a été réalisé par Manu (paroles et musiques) auxquels ont collaboré l’ancien guitariste et songwriter orfèvre des Innocents, Jean-Christophe Urbain, et secondé par l’ingénieur du son Jean-Paul Gonnod.

Lire