JOHN & MISTER GALLIANO

Alors que John Galliano fait la une pour de sombres nouvelles, revenons sur le créateur. Il a marqué l’histoire de la mode contemporaine et ce dès sa sortie de la Saint Martins School en 1984, dont la collection de fin d’études inspirée de la Révolution Française est présentée dans les vitrines et vendues chez Browns. Aujourd’hui le final de ces défilés est aussi attendu que la collection présentée.
En faisant de ses saluts de véritables apparitions, telle une rockstar, John Galliano réussit un coup marketing. Il fait partie de ces marques représentées par leur créateur : John Galliano incarne Dior comme Karl Lagerfeld représente Chanel.

Certains mettront son excentricité sur le compte de sa timidité. Petit à petit, on l’a vu prendre de l’assurance, jusqu’à défiler torse nu et corps huilé (John Galliano printemps 2001). Ce sont néanmoins les mêmes personnages qui créent la base de sa collection de costumes : références à la piraterie, au guerrier, à travers des uniformes militaires détournés et revisités, le couturier va même jusqu’à représenter des figures historiques telles que Napoléon, inspiration récurrente. Les rôles choisis sont toujours des  manifestes à une certaine virilité (transformée, théatralisée), pleine d’autorité, d’assurance et de panache.

Il semblerait que le monstre sacré se soit pris au jeu, il s’amuse et se réinvente. Caméléon, il a été tour à tour rabin bling bling (John Galliano hiver 2004-2005), Napoléon excentrique (Dior couture été 2005), bad boy rockabilly (John Galliano été 2007), astronaute glamour (Dior couture hiver 2006 2007) ou véritable torréador (Dior couture hiver 2007 2008).

A l’instar de Karl Lagerfeld qui affirme se renouveler tous les six mois mais qui affiche inlassablement la même silhouette noir et blanc depuis de nombreuses années en cultivant la science du détail, il est intéressant de noter que la tenue de Galliano  est rarement en accord avec la collection présentée.

A l’hiver 2007 2008 il dessine une collection Japonisante et colorée tout en origami, alors qu’il incarne lui-même un militaire Napoléonien. Au printemps 2008 il présente une collection inspirée d’un tableau de John Singer Sargeant et apparait en culotte bouffante, manteau long et chapeau en total look noir façon peintre italien du 16ème siècle.

Alors pourquoi ce besoin constant de changement, de déguisement ? Caprices de créateur, mal être profond, goût pour le déguisement ? Ou encore habile camouflage face à une célébrité mal vécue ? Le mystère reste entier et John continue de nous faire rêver, de nous surprendre, de nous dérouter. Une seule question demeure : Mais qui êtes vous John Galliano ?

Vanessa Montalbano

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