LA CONQUÊTE

La Conquête de Xavier Durringer, avec Denis Podalydès, Florence Pernel, Samuel Labarthe, Bernard Le Coq…

C’est l’histoire d’un homme, d’une femme et de ses collègues de travail. Non, c’est plutôt l’histoire d’un homme, de son égo, de sa femme et de la conquête de l’Elysée. Bref ça a l’air compliqué comme ça mais cette histoire nous la connaissons tous, nous l’avons vécue en 2007. Nicolas Sarkozy voulait être président de la République et il l’est devenu.

Il y a quelques mois, j’ai entendu dire qu’un biopic sur Nicolas Sarkozy allait être tourné… J’étais… dubitative… On tourne toujours des films sur des hommes politiques morts (ou quasiment morts) mais sur un président dans l’exercice de ses fonctions, on n’avait jamais vu ça!

Alors forcément, j’ai eu envie de voir à quoi pouvait bien ressembler « La Conquête »? Allais-je assister à une critique? A une déclaration d’amour d’un fanatique? Et bien non, rien de tout cela. J’ai passé 1h45 dans les couloirs d’une période étrange, celle durant laquelle Nicolas Sarkozy a dû faire face à sa future élection et au départ de Cécilia. Voilà pourquoi je parle de « l’histoire d’un homme » partagé entre son envie (son obsession) d’accéder au trône (à la présidence) et celle de garder celle qu’il aime. Et bien oui, ce serait presque une histoire banale si cela n’impliquait pas le chef de l’état.

Croyez moi ou non, j’ai vraiment rigolé

Et oui, Xavier Durringer a réussi à créer un film drôle ET objectif. Les acteurs sont absolument parfaits, recréant les mimiques, postures, tics de langage de Jacques Chirac (Bernard Le Coq impressionnant), Dominique de Villepin (Samuel Labarthe Exceptionnel et Bluffant), Cécilia Ex-Sarkozy (Florence Pernel y est plus vrai que nature) et bien entendu de Nicolas Sarkozy (sans l’ombre d’une hésitation je décerne un César illico à Denis Podalydès).

Les répliques sont en passe de devenir cultes:
Chirac parlant à Villepin de Sarkozy « Celui là j’aurai du l’écraser quand j’en avais encore l’occasion, et du pied gauche ça m’aurait porté chance »
Villepin suite à l’élection de Sarkozy: « Il fera une France à sa taille »
Sarkozy parlant de lui même : « Moi je suis une Ferrari, quand on ouvre le capot, on met des gants blancs »

Durringer nous montre une « famille » politique. On parle toujours de LA famille politique. Je n’ai jamais compris cette expression. Grâce à « La Conquête », je viens de comprendre. Jacques Chirac est le père de Dominique de Villepin (le chouchou) et de Nicolas Sarkozy (le vilain petit canard). Le plus petit essaie de tuer le père (jusque-là vous me suivez?) le plus grand tente de s’attirer l’amour du père. A côté de cela, le plus petit est en train de perdre sa femme (ce qui fait bien rire le grand frère et le père). Le petit dernier de la famille est tellement vexé qu’il fait tout pour prendre la place du père, il y arrive. Fin de l’histoire!

La relation qui existe dans ce trio est remarquablement mise en scène. On voit la haine qui « unit » Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy grandir pendant tout le film. Vous allez me dire qu’on ne nous apprend rien de nouveau sur cette période de l’élection présidentielle. Non, en effet. Mais notre petit côté voyeuriste ne résiste pas à l’envie d’aller voir ce qu’il se passe chez les autres n’est-ce pas?

Alors faut-il aller voir « La Conquête »?

Personnellement, j’ai vraiment aimé ce film qui ne prend pas parti. De gauche, de droite ou de nulle part, on y trouve son compte. Xavier Durringer ne ment pas, il dresse un portrait objectif d’un personnage fascinant.
En réalité, ce n’est pas l’histoire d’un homme, c’est l’histoire d’un petit garçon qui, à défaut de vouloir être médecin, gendarme ou vétérinaire, s’est toujours rêvé « Président de la République ». Comme on dit « chacun ses rêves »! Il y a une chose que le film ne dit pas, c’est qu’il faut parfois être à la hauteur de ses rêves… Bon film à tous!

Marie Parent

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