STROMAE FAIT RÉAGIR AVEC SON ALBUM « RACINE CARRÉE »

Racine Carrée album Stromae

Racine Carré ou . C’est sûrement l’album dont on a le plus entendu parler cet été et qui était véritablement attendu par un grand nombre de personnes. Mais voilà, est-ce que Stromae a vraiment été à la hauteur de ces attentes avec son second album sorti en août dernier ? Pour beaucoup, la réponse est simple : oui. Mais c’est à se demander s’ils ont écouté l’album entier ou seulement les premières chansons.

Si je dois vous donner mon avis, je pense que cet album a été surestimé par la presse et le public. D’ores et déjà, je ne comprends pas en quoi Stromae est le nouveau Jacques Brel ! Certes quelques textes peuvent rappeler la beauté de ceux du chanteur mythique, mais rien dans la mélodie ou dans l’album ne me fait penser à ce monument qu’était Brel. Libre à chacun d’en penser ce qu’il veut.

Concernant l’album, je dois dire qu’au final, c’est un ressenti en demi-teinte. Une première partie très bonne et une deuxième en dents de scie, voire chaotique parfois. Racine Carrée s’ouvre sur Ta Fête, un morceau entrainant mêlant rythme électro et africain. Le titre est efficace bien que pas assez fort dans le texte à mon goût. Mais heureusement Stromae relève tout de suite le niveau avec le très beau single Papaoutai. Une chanson au thème récurrent dans cet album : l’enfance sans père. En effet, son père a quitté le foyer très tôt et a été tué durant le génocide au Rwanda. Quant à Bâtard, la chanson suivante, c’est sûrement mon coup de cœur de l’album. Un titre qui parle encore une fois des racines d’une enfance sans père, mais également de la mixité. Le sujet appréciable dans cette chanson c’est aussi la passivité de certaines personnes qui passent leur temps le cul entre deux chaises sans prendre de décisions pour ne pas se faire d’ennemi. Ces gens-là, on en a marre et on le clame !

Après cela, Stromae s’offre une pause dans ces textes forts sur les maux de la vie pour rendre un bel hommage à la chanteuse du Cap Vert, Cesaria Evora, avec le titre Ave Cesaria. Le chanteur belge est, qui plus est, accompagné par les musiciens de cette légende. Un bel hommage qui fait place ensuite au titre Tous les mêmes. Au final c’est une déclaration qu’une femme pourrait faire à son homme. Cette phrase on l’entend souvent non ? Mais c’est aussi un rappel à son enfance en parlant de l’homme qui quitte le foyer de plus en plus souvent quand la routine vient à s’installer. Puis vient le moment de Formidable, le véritable buzz de cette année, notamment grâce au clip. C’est à ce moment que le pathos de cet album se fait de plus en plus lourd avec cette chanson sur la rupture et la peur de l’engagement. Il y a une sorte de cynisme face aux autres couples et aux mensonges des relations.

Puis vient le drame… Il débute par Moules frites, une chanson dont je cherche encore l’intérêt. Je manque peut être de subtilité qui sait ? Certes c’est un plat belge chanté sur des rythmes africains donc c’est un mélange de ses origines, mais je ne saurai vous en dire davantage. Heureusement Carmen, à la mélodie inspirée par l’opéra de Bizet, vient contrebalancer cette déception. C’est une véritable critique sur notre société basée sur la consommation de masse qui entraîne nos frustrations. Puis encore une fois tout s’écroule. Humain à l’eau ne marquera sûrement pas les esprits par sa mélodie ni par ses mots parfois trop peu travaillés. C’est une critique des différents pouvoirs, notamment politique, mais c’est comme un bon soufflé qui retombe : pas exceptionnel. Enfin cela ne peut pas être pire que Quand c’est, une chanson sur le cancer qui déçoit malgré le sujet. Une chanson larmoyante, mais pas dans le bon sens… Quand vient le moment de Sommeil et bien on a réellement envie de dormir ! On nous achève avec un interlude uniquement musical et répétitif intitulé Merci. Et là on ne veut vraiment plus dire merci à Stromae. Et ce n’est sûrement pas avec AVF (Allez Vous Faire !) que l’on risque de se réveiller. Le pathos devient insoutenable, l’album tourne en rond sur des clichés et la présence d’Orelsan et Maitre Gims n’arrange rien.

En bref, j’ai adoré la première partie, mais la deuxième partie n’est vraiment pas à la hauteur de ce que Stromae peut faire. Le nouveau Jacques Brel ce n’est pas encore lui, mais on retiendra que le mélange de l’électro et des rythmes africains auxquels on ajoute de beaux textes, c’est efficace et ça ne laisse pas indifférent ! Allez Stromae, je pense que le prochain album sera le bon.

Kévin Mesa

2 thoughts on “STROMAE FAIT RÉAGIR AVEC SON ALBUM « RACINE CARRÉE »

  1. Effectivement, je pense que vous manquez de subtilité.
    Pour Moules Frites, c’est une chanson qui parle d’un homme qui aime les femmes, a des rapports sexuels et finit par mourir d’une M.S.T.

    Écouter un album en entier c’est bien, l’écouter plusieurs fois et / ou attentivement, c’est pas mal aussi.

  2. Oui en effet!!! Polo aime les moules frites ( sans frite et sans mayo) y a plus qu’à faire la soustraction!!!
    Ce sont des paroles qui sont vraiement très imagée mais très explicite, je trouve bizarre que pleins de gens ne fasse pas le rapprochement!
    Pour moi c’est une chanson qui parle clairement du SIDA…

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