INTERVIEW D’EMILIE GASSIN

émilie gassin

Encore un coup de cœur, et oui ! Cela n’en finit plus sur Pose Mag, et cette fois il s’agit de la chanteuse Emilie Gassin. On l’avait découverte à la Nouvelle Eve au concert dont Célien Schneider faisait la première partie. On avait été séduit dès le départ. Puis l’occasion de la rencontrer le temps d’une interview s’est présentée au Café Madam. C’est une Emilie Gassin, à l’accent australien, toute en simplicité et en naturel qui a répondu à nos questions. Et le coup de cœur n’a fait que se confirmer. Son premier EP « A little bit of love » respire la joie et la bonne humeur, à écouter avec les beaux jours qui reviennent ! En attendant on vous laisse découvrir plus en détails cette jeune chanteuse à qui l’on souhaite une très grande carrière.

Bonjour Emilie, peux-tu te présenter aux lecteurs de Pose Mag ?
Je m’appelle Emilie Gassin, j’ai 25 ans. Je suis né à Melbourne donc je suis australienne. Maintenant je vis à Paris depuis bientôt 4 ans. Je fais de la musique. Je suis auteur, compositeur et interprète. J’ai commencé à jouer dans les bars en arrivant sur Paris. Puis petit à petit, avec le bouche à oreille, j’ai réussi à être signée par Polydor et Caramba, les tourneurs. Maintenant on attend la suite et c’est super ! J’adore Paris et ça me change beaucoup de l’Australie.

Qu’est ce qui t’a poussé à choisir la France pour percer dans la musique ?
Quand j’avais 16 ans, mon père a été muté à Paris donc j’ai suivi mes parents ici. Du coup, j’ai fini la version anglaise du baccalauréat en France. Après je suis retournée en Australie, mais quand je suis rentrée cela m’a manqué. Cela m’avait ensorcelé en fait… Quand j’étais en Australie, comme c’est mon pays, j’ai mes habitudes, je sais comment ça marche, alors qu’en France c’est tous les jours un challenge et j’aime bien ça. Du coup j’ai décidé de revenir deux ans après pour y vivre vraiment. Ma sœur était là aussi donc ça a été plus facile de prendre une décision. J’ai aucun regret.

Es-tu toujours très attachée à tes racines australiennes ?
J’y suis forcément très attachée car mes parents et l’une de mes deux sœurs vivent là bas encore. J’essaye d’y retourner une fois par an, mais ce n’est pas toujours évident car ça coûte de l’argent et du temps. Quand on est dans un autre pays on se sent toujours un peu plus australienne, et quand je suis en Australie je me sens un peu plus australienne.

Comment en es-tu arrivée à écrire ton premier single « A little bit of love » ?
Il y a longtemps que je l’ai écrit en fait. Il remonte à mes années fac en Australie, j’avais 18/19 ans. Je rentrais de la fac en train, il faisait très beau et il y avait beaucoup de monde dans le train. Tout le monde avait le sourire ce qui n’est pas toujours le cas. Il y avait des groupes d’amis, il y avait des familles avec les enfants. Je suis rentrée directement dans mon petit studio, j’ai pris ma guitare et j’ai écrit cette chanson très rapidement. C’était très facile car cela m’est venu comme ça.

Un EP au printemps, un album à la rentrée, une tournée en automne… Ce n’est pas trop dur de tenir le rythme ?
Oh non, je n’attends que ça. J’ai hâte que ça démarre car je me sens prête. C’est toujours un peu l’inconnu donc je ne sais pas comment ça va se passer. J’ai hâte de voir ! Ma mère m’a toujours dit qu’il n’y a que les gens ennuyeux qui s’ennuient, du coup j’essaye d’avoir toujours plein de trucs à faire.

Peux-tu nous parler de ton EP « A little bit of love » ? Et de l’album qui viendra par la suite ?
Je vais commencer par vous parler de l’album. On l’a fait il y a deux ans, en juillet, à ICP à Bruxelles avec l’aide de mon directeur artistique, Patrice Renson. Il a notamment travaillé avec Vanessa Paradis, -M- et le Soldat Rose. Avant de rentrer en studio avec Patrice et l’équipe de musicien, on a discuté pendant un an de ce que je voulais faire pour cet album. Du coup, on était vraiment prêt pour l’enregistrement car on savait comment on voulait que cela sonne. C’était deux semaines de partage et de musique où je me suis beaucoup amusée. L’album, on l’a fini avec 12 titres. On a travaillé avec cet album, mais il n’y avait pas de sortie officielle car on était en autoproduction. Du coup, on l’a fait écouter aux autres, on a fait des concerts… On a signé chez Polydor et on a décidé de faire un EP car ce n’est pas toujours évident de faire un album quand on est inconnue. Il fallait que ça marche et que ça touche un maximum de personnes. On a utilisé « A little bit of love » qui est le single pour que les gens découvrent mon univers. Il y a trois chansons de l’album et deux inédits, un guitare voix et un plus acoustique aussi. C’était drôle de le faire dans l’ordre inverse car l’album est fait, l’univers est plus ou moins installé. Puis du coup de retravailler, de réfléchir à ce qui va toucher les gens.

Quelles sont tes inspirations pour l’écriture de tes chansons ?
C’est le soleil, les gens qui sont heureux, moi qui suis heureuse. J’écris très mal ou je n’écris pas du tout quand je vais très mal, au contraire de nombreux artistes. Le but c’est que je me sente bien. J’ai des idées très claires, je peux sortir dans la rue me balader et glaner un peu ce qui se passe autour de moi. J’utilise aussi les histoires des autres, donc ce n’est pas toujours autobiographique. Quelquefois…

Et tes influences musicales ?
J’ai grandi avec beaucoup de jazz et beaucoup de rock et de folk des années 70. Dans le jazz il y avait par exemple Nat King Cole, Frank Sinatra, Natalie Cole. Je pense que j’ai écouté ces albums là en boucle. Après il y a Joan Baez, Led Zeppelin. Mon père était jazz, ma mère était folk et rock. J’étais vraiment bercée par beaucoup de styles différents. Ce qui m’a donné envie de faire de la musique c’était des artistes comme Fiona Apple, Feist…

Sur ton album, retrouvera-t-on des chansons en français ou seront-elles exclusivement en anglais ?
Comme je suis australienne, ce n’est pas toujours évident d’écrire. Je me suis mis très récemment à l’écriture en français. Il y a une reprise de Brigitte Bardot sur l’album qui s’appelle « Ca pourrait changer », sauf que ce qui est drôle c’est que c’est une réinterprétation d’une chanson chantée par une australienne. C’était un peu le destin. Il y aura également une autre chanson en français.

On a pu entendre ta reprise de « Freed from desire », célèbre titre dance de Gala, pourquoi cette chanson en particulier ?
C’est une chanson que je connaissais grâce à mes sœurs car elles écoutaient ce qui passait à la radio. C’est une chanson qui te fait rire car elle te rappelle une époque. Je l’ai réentendu quand je dinais avec des amis, elle passait à la radio. Je me disais « C’est drôle ça fait longtemps que l’on n’a pas entendu cette chanson ». J’y ai réfléchi, je suis rentrée chez moi et j’ai songé à la moderniser. Du coup on a fini avec un guitare-voix. C’est une chanson intemporelle !

Tu as fait de nombreuses premières parties, quelles expériences en gardes-tu ?
Je pense que les premières parties sont bien évidemment importantes, que c’est une étape, même si tu ne peux pas faire que ça. C’est vraiment un exercice où il faut aller chercher les gens. Normalement on a très peu de temps pour faire ça et les gens qui sont là parfois ne te connaissent pas du tout donc il faut trouver le moyen de faire chanter les gens, de les faire taper dans les mains. J’ai beaucoup appris grâce à cela, donc je me sens plus en confiance sur scène. J’essaye davantage de choses. Quand on fait la première partie de Bénabar qui est dans la musique depuis un certain temps, son public est très bienveillant donc c’est un plaisir de jouer devant ces gens là.

Qu’est-ce que ça fait de jouer à l’Olympia ?
J’adore ! J’ai eu la chance de faire deux premières parties il y a trois ans. J’ai fait celle de Youssou N’Dour, et c’était plus délicat car ce n’est pas du tout le même public. Après j’ai aussi fait celle d’Ayo. J’avais donc déjà fait l’Olympia deux fois, j’étais beaucoup plus jeune et c’était donc plus difficile, la pression était forte. J’avais un trac horrible alors que là pour Bénabar c’était plus simple. En plus l’Olympia reste une salle mythique donc on a envie de faire de son mieux. C’était incroyable !

Tu fais également tes propres concerts, quel rapport entretiens-tu avec ton public ?
J’essaye d’être naturelle, de faire en sorte que les gens passent un bon moment. Je veux que les gens s’amusent, qu’ils rigolent, ce qui n’est pas toujours évident. Il faut donner et être généreuse. Je veux toujours donner le meilleur de moi ! Mais dans tout, mon projet est naturel donc je n’ai pas de raison de me cacher derrière quelqu’un qui n’est pas moi.

On a pu voir Célien Schneider en première partie de tes concerts à La Nouvelle Eve, que penses-tu de cet artiste ?
Déjà, c’est humainement un super mec donc ça compte énormément pour moi. Il fait vraiment de la bonne musique. J’avais fait une première partie pour lui quand il a joué au China Club. C’est facile de communiquer avec lui. Il a une aisance sur scène qui fait qu’il est proche de son public. Il est top, je suis fan !

En attendant la sortie de ton album, quel sont tes projets jusque là ?
En ce moment, c’est le clip. On est en train de voir ça. C’est un clip participatif avec le public, avec des fans. Après on espère que le titre « A little bit of love » entre en radio avec toute ce qu’il y a à faire autour, notamment la promo. Puis il y a les concerts, deux-trois festivals cet été avant de plus gros l’année prochaine. Je vais aussi profiter du beau temps qui revient enfin !

dessin illustration emilie gassin chanteuse musique

Sur Facebook on peut voir tes dessins, est-ce que l’illustration est une passion pour toi ? Comptes-tu l’inclure dans ta carrière de chanteuse ?
Oui, c’est une vraie passion. J’ai toujours aimé dessiner et créer. La musique en fait partie aussi. J’ai fait des études d’arts plastiques, du coup ça a toujours eu une place dans ma vie. Ces derniers temps j’avais un peu oublié car la musique prenait beaucoup de place. J’ai repris l’habitude et cela me plait énormément car j’aime ce moment où je m’assois au calme pour dessiner, peindre, créer. J’aimerai beaucoup que ça fasse partie de mon petit univers même si cela en fait déjà plus ou moins partie aujourd’hui. C’est aussi une manière de communiquer un peu différemment sur les réseaux sociaux.

Tu as publié les coulisses d’un shooting photo, est-ce facile pour toi de te retrouver devant l’objectif ?
J’ai tendance, même si on ne l’a pas montré, à faire des grimaces pour être à l’aise car ce n’est pas vraiment évident de poser. J’essaye encore une fois d’être naturelle pour que les bonnes choses sortent de la meilleure manière. Que ce soit dans les yeux, l’expression et l’attention. Ce n’est pas toujours évident d’être prise en photo, c’est spécial.

On parle également de mode sur Pose Mag, est-ce que c’est un sujet qui t’intéresse ?
Oui, carrément ! J’ai toujours été un peu garçon manqué. Je n’étais pas du tout girly, mais aujourd’hui j’aime bien faire les boutiques, suivre des marques et les tendances. Il y a, je pense, un retour au naturel et à une vulgarisation de la mode. C’est le retour des femmes naturelles et c’est une très bonne chose !

Comment définirais-tu ton style ?
Je suis toujours en train de me chercher un peu. Je change souvent en fait. Ce n’est pas évident et j’imagine que c’est pareil pour beaucoup de gens. On n’a pas forcément un seul style je dirai. Il y a ceux qui ont un style et qui le développe, qui le font évoluer avec le temps et la maturité. Je suis passé par le stade garçon manqué, le stade cheveux court/noir/têtes de mort. J’aime bien changer tous les jours. Je peux être très bien en jean et basket ou en robe longue et sandales. Après j’aime beaucoup les couleurs, les imprimés. Sur scène j’aime, tout en restant naturelle, donner la possibilité d’être un peu différente, en étant plus girly avec des robes et des couleurs qui pètent ! Après tout je fais de la pop happy donc le but c’est que je donne l’impression d’être heureuse physiquement et visuellement.

Une pièce indispensable à avoir selon toi dans un dressing ?
Comme pour beaucoup de personnes, je pense que le jean est indispensable. Quand on a trouvé celui qu’on adore, on le porte tout le temps. A un certain moment, il s’use et on ne peut plus le porter… J’ai un jean LTB que j’ai adoré, que j’ai dû remplacer par un jean de la marque espagnole Bimba y Lola. Aujourd’hui je ne peux plus le porter donc il faut que je trouve un jean qui me va comme les autres et qui me dure la vie entière ! Sinon un débardeur blanc avec un jean, tu peux facilement l’accessoiriser. J’aime bien ça. Ca me rappelle l’Australie car c’est une tenue que l’on voit très souvent.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?
Dans la vie, comme dans la mode, restez curieux, soyez curieux ! Profitez de la vie et essayez plein de choses car c’est important.

émilie gassin musique

Propos recueillis par Kévin Mesa

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