INTERVIEW DU DJ REMIXEUR GUENA LG

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Dans une ambiance intimiste, Pose Mag a rencontré le DJ remixeur Guena LG. Il nous a raconté sa carrière et ses projets. Nous vous proposons d’en découvrir davantage sur cet artiste français que vous aurez peut être la chance de croiser en club !

Peux-tu te présenter aux lecteurs de Pose Mag ?
Je m’appelle Guena LG, je suis français, j’ai 33 ans. Je suis DJ remixeur, j’ai commencé en 2001 un peu par hasard avec un remix qui a été fait sur le titre « Take me Home » de Sophie Ellis-Bextor. A ma grande surprise, le titre s’est retrouvé deuxième des clubs. Suite à cela, on m’a proposé d’autres remixes. J’ai fait « Murder on the Dancefloor » et ensuite j’ai commencé à travailler pour d’autres artistes. Kylie Minogue, Enrique Iglesias, Britney Spears, Black Eyed Peas, Lady Gaga, Mylène Farmer et j’en passe.

Comment en es-tu arrivé à remixer les plus grands titres de la pop ?
C’est une question de chance et d’opportunités. Un remix en attirait un autre. Au fur et à mesure, les titres ont circulé à droite à gauche. Puis après on a repéré mon nom. Les gens se disaient « Tiens, tel mec bosse pas mal donc c’est intéressant ce qu’il fait ». Les gens se passent les contacts. Ca peut être moi ou d’autres, on le voit, dans ce milieu là c’est toujours les mêmes car il n’y a pas une grande quantité d’artistes à remixer. C’est un véritable effet domino. Et de temps en temps il y a un gros domino qui te permet de rebondir et de passer un cap supérieur. Ca peut être un artiste prestigieux ; moi par exemple quand j’ai remixé Gaga évidemment. Au début je l’ai remixé, elle n’était pas connue. C’était « Just Dance » six mois avant que le titre sorte. Aujourd’hui elle est devenue ce qu’elle est et j’en ai remixé 6 depuis. Mon dernier remix de Mylène Farmer s’est retrouvé sur toutes les radios car c’est devenu quasiment la version officielle. Il y a des caps dans une carrière qui font que soit tu montes, soit tu descends.

Justement, tu parlais de Lady Gaga, peux-tu nous parler de ta collaboration avec elle ?
Je l’ai rencontré pour la première fois en avril 2007 à Los Angeles. Elle faisait un showcase de présentation de son album. Elle était en pétard car elle n’était pas contente à cause de problèmes techniques de son et d’image. Bref, je suis arrivé en coulisses, elle portait des chaussures boule à facette et je lui ai demandé si elle avait les mêmes en 43 pour moi. Elle a explosé de rire. Depuis, il s’est passé quelque chose et en tout cas il y a eu le premier remix pour « Just Dance » qui a bien marché. Puis il y a eu « Poker Face » qui a été utilisé au Japon pour la musique de lancement d’Android. Gaga étant quelqu’un de fidèle, sur le plan affectif et professionnel, tous les autres remixes ont déboulé et on en a fait 6 en tout. Pour le prochain album, cela dépendra de la couleur et de la stratégie en fonction des titres. C’est un partenariat sur le long terme. Elle m’a aidé sur plein de choses, en essayant d’être présente pour moi. On a fait le lancement de « The Fame Monster » au Queen à Paris notamment. Des choses que peu d’artistes auraient fait, surtout de par sa taille. Il y a un contrat de confiance !

Et quel est le remix de tes rêves ?
J’aurai adoré remixer « Désenchantée » de Mylène Farmer car le titre est vraiment bon. Je me dis même que c’est bête que personne ne l’ait faite en espagnol. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Il y aussi le titre « Silence » de Delerium qui est fabuleux avec la voix de Sarah McLachlan dessus. Le remix de Tiesto est transcendant. Toute la question c’est surtout de savoir si on est capable de faire mieux. Aujourd’hui, les deux qui manquent à mon palmarès c’est Cher et Pink. J’adore la voix ! Cher en plus c’est une grande dame qui a eu un passé assez torturé et rocambolesque. Mais elle arrive toujours à véhiculer la joie et l’esprit festif. Quant à Pink, je l’ai vue sur scène et elle est vraiment géniale. Elle écrit vraiment très bien. Je veux faire des remixes pour des questions artistiques, mais pas de prestige.

Aujourd’hui, pourquoi avoir décidé de te lancer dans la création de tes propres titres ?
Comme je disais, il y a des moments dans la vie où tu as besoin d’un levier. J’ai commencé mes propres titres depuis 2006, mais je n’avais pas le temps de les travailler car j’avais toujours un remix à faire. En plus, il y a un côté rassurant dans le remix car tu es guidé, tu as des barrières et un filet de sécurité. Depuis j’ai rencontré des gens et j’ai évolué. Je travaille en équipe maintenant. J’ai pris confiance en moi et je me suis dit « Bon, maintenant, je fais quoi ? Je travaille sur 50 autres remix ou Je m’occupe de mes propres titres ? ». Pour réussir à exister sur la scène internationale dans la musique c’est le passage obligatoire. Je n’ai pas envie de passer ma vie à être « le DJ de ». Je me sens capable de créer mes propres titres. Il en découle maintenant mon premier single « Brighter ».

Quelles sont tes inspirations pour ta musique ?
Il y a deux niveaux dans mes inspirations. Il y a le côté musical avec les années 80 qui me plaisent beaucoup. J’essaye de ne pas trop y aller pour éviter de tomber dans le kitsch. Mais j’aime ce côté festif et efficace. Cela dépend plus de l’inspiration initiale. L’idée de la mélodie de « Brighter » a été trouvée pendant que je faisais du shopping à Istanbul. L’inspiration se trouve partout, et surtout quand je ne suis pas en train de travailler. L’idée du titre c’était de créer un clair obscur. Je voulais montrer que même quand la vie n’est pas simple, ce n’est pas non plus le néant. Pour la voix, je voulais quelque chose de rauque avec de la souffrance, mais également de l’espoir. Et finalement, mon choix s’est porté sur Gravitonas avec lesquels j’avais déjà travaillé. « Stay Awake », le prochain morceau, c’est une intro très dark, années 80, un peu Depeche Mode, tout en progression pour la suite. Il n’y a pas de recette pour un titre. J’essaye de garder une unité, mais je ne m’interdis rien.

Dans la lyrics vidéo de « Brighter » il y a beaucoup d’images d’actualité, est-ce que c’est important pour toi de te tenir au courant de ce qu’il se passe autour de toi ?
Bien évidemment. Surtout avec le titre. Il y a un espèce de décalage entre le côté très joyeux et estival de la mélodie, avec les paroles qui sont totalement dark. C’est un mec déprimé, mais qui a envie de s’en sortir sans savoir comment. Au final, il rencontre une personne qui lui redonne espoir de vivre, d’avancer vers la lumière. La vie c’est un peu ça pour moi. Ce sont des passages de souffrances et de joies. Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. Parfois ça ne va pas bien, mais il y a des moments, des souvenirs, des gens qui te donnent la possibilité d’avancer. Dans la lyrics vidéo c’est ce que j’ai voulu montrer. Au départ tu as le 11 septembre, le tsunami au Japon, les manifestations anti mariage pour tous… Que des trucs négatifs ! Dans le reste de la vidéo, on a une petite fille qui retrouve ses parents, des gens kidnappés qui sont libérés, un couple qui s’embrasse… Ce sont des petits moments très importants dans la vie. J’ai voulu sortir des stéréotypes de la dance musique. Je peux faire de la musique simple, je ne veux pas que ce soit facile.

Et du coup, en parlant de la Manif pour tous, quel est ton avis concernant l’ouverture du mariage homosexuel ?
Mon point de vue il est clair. Je n’ai jamais caché être gay. Je suis atterré par ce qu’on a vu dernièrement, cette recrudescence d’homophobie et de racisme en tout genre. Ce qui me peine le plus, même si les gens peuvent se poser des questions, c’est de voir que des gens se mobilisent pour enlever des droits. C’est inacceptable en 2013 de donner la parole à ces gens là. Le mariage pour tous c’est juste de donner l’égalité et la devise de la France c’est tout de même « Liberté, Égalité, Fraternité ». On a 20 ans de retard sur de nombreux pays. Je trouve cela dommage qu’il n’y ait rien eu depuis le PACS. On respecte les croyances de l’Église, mais elle n’a pas à s’insérer dans le débat. Mariage pour tous, je dis donc oui, oui et encore oui ! J’espère qu’en juin pour la Marche des fiertés on pourra célébrer cela comme il se doit. C’est un bien qui sera une évolution positive pour tout le monde.

Dans le milieu de la musique l’image est très importante, tu attaches beaucoup d’importance à ton apparence ?
Clairement oui. Je n’irai jamais mixer en club en jogging et en pyjama. Je fais attention et cela fait partie de moi. L’intérêt du DJ c’est de véhiculer un côté festif. J’ai toujours eu du mal avec les artistes qui déboulent sur scène en espadrilles et en pantalon. C’est le minimum de respect quand on joue quelque part d’arriver un minimum propre sur soi, avec un look plus ou moins sophistiqué. Il faut avoir du savoir vivre et du savoir faire. Les gens font l’effort de venir te voir jouer donc toi tu dois faire un effort pour les recevoir convenablement. Les clubs sont des endroits où pendant 4 heures tu peux décompresser !

Quels sont tes projets maintenant pour l’avenir ?
Musique, musique, musique ! Au mois de mars je joue en clubs et je vais continuer. Je travaille encore sur « Brighter » car ça prendra du temps en France. On a signé le titre partout à l’étranger quasiment donc je suis super content. Ils vont travailler le titre d’Israël à la Norvège, sur le printemps-début d’été donc j’ai bon espoir que le titre vive et devienne quelque chose de bien pour tourner dans ces pays là. Il y aura aussi la sortie de mon EP. J’ai un deuxième titre de prêt, trois autres sur le grill. Mon objectif il est là, il n’est pas dans 10 ans. Quand je m’impose quelque chose j’aime le faire ! Je vais me battre jusqu’à ce que j’y arrive.

Quel est le club où tu as adoré travailler ? Et celui où tu rêves de travailler ?
Dans ce que j’aime beaucoup il y a le Queen à Paris car je m’y sens à l’aise et j’adore l’état d’esprit. Il y a aussi le High Club à Nice avec des soirées très bien organisées et j’y joue le 31 mars. Et puis à Tel Aviv quand j’ai joué avec Offer Nissim. C’est un peuple génial qui fait la fête de manière incroyable.
Pour les clubs où j’aimerai jouer, j’ai vu que Skrillex et Zedd ouvraient un club à Las Vegas, avec les artistes du Cirque du Soleil que j’adore. C’est une des choses les plus remarquables que j’ai pu voir. Puis j’aimerai passer à Ibiza, dans des clubs comme le Privilège et l’Amnesia !

Aurais-tu une anecdote marquante de ta carrière à raconter à nos lecteurs ?
Il y a 15 jours, un de mes potes m’a fait la réflexion suivante « Avec les autres DJ, la musique donne envie de boire, alors qu’avec toi, elle donne envie de coucher ! ». Je me force à jouer des trucs sexy au niveau du groove. Pour donner un exemple, à la dernière Rainbow Power au High Club de Nice, des amis sont venus de Strasbourg. A un moment dans la soirée, un de mes amis à baisser son caleçon devant 2000 personnes. Ce jour là je me suis dit « Ouais, ma musique donne vraiment de se dessaper et faire des choses improbables ». J’ai vraiment ri en voyant la scène.

On te souhaite quoi pour l’avenir ?
Que ça marche bien évidemment ! C’est mon objectif et c’est ce qui me motive. C’est juste ça, d’être bien et que mes titres fonctionnent. Je ne demande pas à devenir millionnaire et faire des tournées de 280 dates par an. Je veux juste être heureux en faisant ce qui me plaît. Je compte bien rester les pieds sur terre. Certains prennent la grosse tête alors qu’on passe des disques, on ne sauve pas des vies. Certes c’est un métier, mais ça ne demande pas de faire l’ENA. J’ai beaucoup plus de respect pour un pompier que pour un DJ, il faut remettre les choses à leur place !

Kévin Mesa

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