LE MONDE APPARTIENT AUX LOOSERS QUI SE LÈVENT TÔT (IL PARAIT)

Il paraîtrait, et ce n’est pas moi qui l’affirme mais une rédactrice d’un magazine encore plus connu que Pose Mag (mais vachement moins bien, cela va sans dire), que la loose serait le nouveau syndrome à la mode. En gros : plus tout part à vau-l’eau dans ta vie et plus tout t’échappe, plus tu es « in ».

Personnellement si on se fie à cette vague de mode bridgetjonesque je suis une winneuse, une vraie. Preuve à l’appui : mieux qu’une VDM ponctuelle je viens de vivre la pire SDM (Semaine de Merde) de ma life de looseuse toute entière.

Déjà j’ai commencé par choper dans les courants d’air une sinusite accentuée d’une rhino. Je sais pas si t’as déjà eu une sinusite ET une rhinopharyngite en même temps, mais en gros tu as l’impression de te balader en permanence avec un casque de moto intégral et tu manques de t’évanouir à chaque fois que tu regardes par terre. Une expérience épatante.

Puis lors de ma pesée hebdomadaire (hé oui, l’été approche, l’épreuve du maillot de bain, tout ça) je me retrouve lestée d’1,4kg de plus qui me font frôler l’infarctus du myocarde. Ça paraît pas si dramatique que ça, mais imagine ce que ça donne 1,4kg de beurre en plus sur ton ventre… Tout de suite c’est plus parlant, comme image.

Je t’épargne les détails de la scène de désespoir qui ont suivi cette nouvelle, mais c’était pas triste.

Ensuite, mon portable décide de me lâcher sans crier gare, après 2 ans de bons et loyaux services. Coup de massue. Impossible de rester sans téléphone plus de 48h ! Je me précipite donc dans la boutique la plus proche, et, voulant renouer avec le monde de la communication, je m’apprête à devenir une femme active à Blackberry. Sauf que pas de bol (tiens donc) au moment où j’allais embarquer mon nouveau jouet, on m’annonce qu’on ne peut pas me le vendre parce que le téléphone en question n’est pas référencé dans le stock mais que, si je veux, je peux avoir un Nokia. Ça m’a brisé le cœur comme quand t’es à un anniversaire et que t’es le seul à être privé de gâteau. Je retiens un cri de frustration mais bon, va pour le Nokia, mon exclusion du monde social a assez duré.

C’est au moment où je réalise que j’ai bel et bien perdu TOUS mes numéros et TOUS mes textos que je mets à sangloter de façon complètement incontrôlable devant le vendeur qui ne sait plus où se foutre.

Motif ? Mon lâcheur de LG Chocolate a emporté dans sa tombe le numéro d’un joli coeur vraiment très très craquant rencontré récemment, que bien sûr je n’ai pas eu la présence d’esprit de copier sur la carte sim. « Il te rappellera lui s’il veut » me diras-tu, sauf que non, parce que comme tu le sais : c’est ma SDM donc c’est mathématique, tout doit foirer.

Heureusement, j’ai ce jour-là rendez-vous pour un soin du visage (petit luxe que je ne m’autorise que rarement et qui se doit donc d’être à la hauteur du kiff). Sauf que la poisse continuant, j’atterris dans un boui-boui infâme à l’hygiène douteuse où l’on me colle entre le stand manucure et un bassin de fish ped’ rempli d’eau trouble et de ce qui ressemble à d’énormes piranhas affamés. Bref, un moment de loose qui m’a quand même couté 50 euros et qui, pour couronner le tout, m’a filé des boutons.

Rajoute à cela quelques microcataclysmes comme une engueulade avec mon meilleur ami qui ne m’adresse plus la parole, une vielle dame dans le bus qui change de place quand je m’assieds à côté d’elle, une réprimande au boulot… Enfin t’as compris, cette semaine je suis la reine de la hype, tu veux que je te le signe où, ton autographe ?

Franchement ? Je ne sais pas si la rédactrice qui a mis le feu aux poudres a testé elle-même la no success story, mais personnellement je rends mon tablier et suis prête à rejoindre à nouveau la vie dans l’ombre des gens chanceux (avant de réussir à me faire virer, à refermer la porte de mon appart’ avec les clefs à l’intérieur, à mettre le feu à l’immeuble, ou pire, à me retrouver témoin au mariage de ma collègue naine et édentée avec le prince Harry).

En plus dans cette histoire je n’ai même pas chopé Marc Darcy. Vraiment c’est intolérable.

Déborah Bannwarth

Credit photo : Sylvain Masson

Article extrait du numéro 12 de Pose Mag, à consulter ici.

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