FESTIVAL DE CANNES : MOONRISE KINGDOM, OU LA SYMPHONIE POÉTIQUE

Moonrise Kingdom

19h, Cannes s’agite, le plus grand festival de cinéma au monde est sur le point de débuter. Le casting gigantesque du film d’ouverture a ameuté les troupes, fanatiques et paparazzis sont sur leurs escabots, à l’affut. La musique démarre pour plonger la croisette dans une ambiance de fête, la caméra se met à bouger au-dessus de l’irremplaçable tapis rouge. 
Les stars foulent les marches scintillantes, une ascension glamour jusqu’au temple sacrés du cinéma, lieu de magie et de rêve, le palais des festivals.

Dans la salle, face à un public attentif, après un long et émouvant discours sur le silence et le bruit au cinéma dont on retiendra ces derniers mots : « Et maintenant, je vais suivre mon conseil et me taire à mon tour pour laisser parler le cinéma, car c’est toujours lui qui a le dernier mot », la belle Bérénice Bejo, maitresse de cérémonie, ouvre la compétition. Gossip rend hommage en chanson à Marilyn, emblème de ce 65èmefestival. Wes Anerson prend la parole : place au cinéma.

Sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, au cœur de l’été 1965, Suzy et Sam, douze ans, tombent amoureux, concluent un pacte secret et s’enfuient ensemble. Alors que chacun se mobilise pour les retrouver, une violente tempête s’approche des côtes et va bouleverser davantage encore la vie de la communauté.

Premier film projeté en compétition et troisième long métrage co-écrit avec Roman Coppola, Moonrise Kingdom nous offre une histoire d’amour peu banal, une ode au bonheur et à la beauté, un film orchestre, mêlant des personnages plus désaccordés les uns que les autres, que chaque comédien parvient à incarner à la perfection. Wes Anderson confronte et mêle le monde des adultes et des enfants à des histoires épiques et romantiques digne des plus grands conteurs et poètes de l’époque.

Moonrise Kingdom Festival de Cannes

Coté mise en scène, la désinvolture et l’insouciance de l’enfance, imprègne la caméra à travers des travellings et un montage intense qui guide le spectateur dans un voyage poétique et un espace-temps inexploré tout droit sortie de la « caboche » de Wes Anderson.
La lumière et la musique, composée respectivement par le directeur de la photographie Robert D. Yeoman et par le frenchi Alexandre Desplat, sont une caractéristique importante de l’univers ludique de Moorise Kingdom. Allié aux décors, ils placent le spectateur à la frontière du réel et de l’imaginaire et incitent notre âme d’enfant à surgir de notre corps pour rejoindre les héros du film, courir avec eux, se battre avec eux et partager avec eux la naïveté d’un premier amour que chaque individu croient toujours éternel.



Dans la continuité de son précèdent long métrage, Fantastic Mr fox,le cinéaste américain renoue avec le dynamisme, le merveilleux et l’humour déjanté qui ont fait la force du film d’animation. Il dessine un monde surréaliste où les enfants, d’une débrouillardise extravagante, répondent à leurs pulsions tant créatrices que destructrices faisant ainsi perdre pieds aux adultes et à leur microcosme constitué de règles sociales ridicules, d’idées surfaites et de clichés. Les enfants, eux, croient aux sentiments, aux vrais !

Moonrise Kingdom ouvre donc la compétition en fanfare, et s’il n’est pour le moment que le seul film à avoir était projeté au grand Théâtre des Lumières, nul doute que le jury ne pourra rester insensible à se condenser d’émotion qui font de ce long métrage un sérieux conçurent à la palmes d’or. Applaudissement !

Jean Michon et Benjamin Reignier

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