MANAU

Manau

Qui n’a jamais fredonné « La Tribu de Dana », ce single vendu à 1.7 millions d’exemplaires, que l’on retrouvera dans le premier album Panique Celtique du groupe Manau, sorti en 1998. Le phénomène Manau s’est très vite distingué, de par son métissage social et musical, ponctué de thèmes légers, fêtards, parfois profonds et émouvants.

Le trio parisien, d’origine bretonne, composé de Martial Tricoche (textes et chants), Cédric Soubiron (programmation et scratchs) et Hervé Lardic (guitares, claviers et basse), n’aura de cesse de se produire sur les scènes de France, puis en Allemagne, Angleterre, Suisse, province du Québec et jusqu’en Nouvelle Zélande.

Rappelons que Manau a décroché, en 1999, une Victoire de la Musique dans la catégorie « Meilleur album rap-groove de l’année ».

Malgré le départ d’Hervé Lardic qui se lance dans une carrière solo, Martial et Cédric poursuivent l’aventure et composent un second album « Fest Noz de Paname », qui signe le retour de la grande Tribu Manau, en 2000, avec la collaboration de Dee Dee Bridgewater et Maurane.

En 2003, Martial Tricoche réalise son premier opus solo « Premier pas » : un registre à son image, profond et festif à la fois.

Quatre ans plus tard, le groupe se forme à nouveau, et envahit la scène avec la sortie de « On peut tous rêver », lors d’une nouvelle tournée en France et à l’étranger.

En 2007, Cédric Soubiron quitte le groupe à son tour, mais Martial poursuit néanmoins Manau. Il assure seul la promotion d’un nouveau titre « Meuhnumental » qui servira de générique de fin à l’émission Intervilles durant l’été 2007.

Emblème d’une génération, Manau nous revient aujourd’hui avec son nouvel album « Panique Celtique 2 – Le Village » teinté de rap, de pop, de légendes celtiques et de thèmes médiévaux… Bref, du pur Manau !

Quelques heures avant son showcase donné lors d’une soirée privée sur Lyon chez « Cuisine & Dépendances Acte II », Manau (alias Martial Tricoche) accepte de nous recevoir. Rencontre avec un homme simple et généreux, sensible et drôle.

Après le départ d’Hervé Lardic, suivi quelques années plus tard par celui de Cédric Soubiron, vous n’avez jamais éprouvé le désir d’abandonner Manau ? Pourquoi ?

La base de Manau, c’est Cédric et moi. L’aventure a commencé avec deux personnes. Ensuite, Gregor Gandon au violon nous a rejoints, ainsi que Laurent Meliz (qui est toujours avec moi d’ailleurs), puis d’autres. Le groupe Manau comptait en fait six à huit personnes, bien que la maison de disques nous ait vendu à trois. Très tôt, Hervé Lardic, notre choriste, est parti. Il y a peu de temps Cédric m’a fait part de son désir d’abandonner à son tour. Mais l’histoire continue !

Dans l’intervalle, vous aviez sorti un opus en solo, alors pourquoi ne pas avoir continué seul votre carrière ?

Le groupe était toujours là, d’autant plus que j’en suis l’auteur et le leader. L’identité Manau existait, alors pourquoi abandonner ? Je me suis beaucoup investi dans cette aventure. Les départs entraînaient l’arrivée d’autres artistes, c’était ça aussi Manau. Mais à aucun moment je n’ai été perturbé par cet état de fait, en dehors du départ de Cédric, évidemment.

Vous avez acquis, depuis plus de 10 ans, une notoriété, une maturité et une indépendance certaine. Votre retour sur scène en solo, ne vous rend-il pas quelque peu nostalgique des années passées ?

Absolument pas car je ne suis pas seul ; mes potes m’accompagnent. Nous sommes une tribu ! Voilà quatre ans que Cédric est parti, et je continue de me produire sur scène sans lui. Mais de vous à moi, il vient très souvent nous voir.

Où et quand puisez-vous votre inspiration, tant dans l’écriture que dans la composition ?

L’inspiration me vient très tôt le matin. Je la ressens à l’instante, comme un flash, puis je développe dans la souffrance (rire). Pour vous citer un exemple concret, j’ai très vite visionné le curé, les loups et imaginé la fin avec la mort du curé. Le thème était là, mais tout le travail restait à faire. J’ai élaboré tous les titres de l’album ainsi, un par un.

Votre dernier album comprend 11 titres de légendes qui touchent des héros d’aujourd’hui. Au hasard, qui se cache derrière l’amoureuse ? Le dragueur ? Et, l’idiot du village ?

Je me le demande aussi ! (rire) Je ne tiens pas à donner ma propre interprétation de toutes ces histoires. J’écris au premier degré. Lorsque nous avions sorti « La Tribu de Dana », j’avais révélé, à une personne, le double sens et là je me suis rendu compte que j’avais commis une grave erreur. Chacun doit pourvoir interpréter librement à mes textes, se faire son propre film. On m’a rapporté tant de versions différentes de mes chansons… C’est hallucinant ! Mais à aucun moment, je n’ai envie de briser leur propre version.

Où avez-vous enregistré l’album ?

Chez moi, en banlieue parisienne. Lorsque Cédric était encore avec nous, c’est lui qui composait les musiques de Manau. Il a donc fallu que j’apprenne, que je construise, que j’investisse dans du matériel. J’ai la chance de vivre dans un endroit où ça sonne super bien ! Nous avons néanmoins réalisé, au préalable, deux tests en studio sur Paris, qui s’avéraient moins concluants. J’en fus très heureux !

Qui y collabore ?

Principalement moi, en collaboration avec mon fidèle arrangeur depuis quinze ans, Laurent Meliz. On s’est amusé comme des gamins.

Vous aviez signé votre premier contrat avec Polydor, qui est votre label aujourd’hui ?

Actuellement, Art & Co Production gère sur internet, mais parallèlement nous travaillons ardemment sur la distribution des grandes plateformes, telles que FNAC, Virgin, … J’ai évidemment présenté mon projet à toute l’industrie du disque, sans oublier Universal avec qui je ne travaillais plus depuis cinq ans. La réponse fut unanime : aucun ne croit en cet album. Mais, je n’en veux à personne, c’est un business dans lequel chacun défend ses intérêts ! Personnellement, j’y crois. Je suis sur scène depuis quatre ans, et à chaque fois le public est au rendez-vous. Les premiers retours de ce nouvel album sont déjà prometteurs ; on ne s’attendait pas à temps d’engouement. C’est fabuleux ! Le clip vient de sortir, on vient tout juste d’attaquer la promo… Pour être honnête, on fonctionne de façon très artisanale, contrairement à l’industrie. L’histoire de la tribu est belle, personnellement je vis un très grand moment !

Manau Panique celtique 2 Le village

Votre tournée débute le 23 mars à Quillan, au cœur du pays Cathare, un lieu de renommée mystique. Ce n’est pas un hasard ?

Peut-être pas…Que les dieux salto me suivent… C’est effectivement le lieu idéal pour démarrer notre tournée ! Ca fout la trouille, j’en conviens !

Elle se poursuivra lors de nuits celtiques et de festivals divers. Que ressentez-vous à l’aube de ces nouvelles scènes ?

Je suis excité à l’idée de présenter ce nouvel album et de le défendre. Si les cornemuses semblent relativement détendues à quelques jours de la première, je commence personnellement à ressentir un certain stress.

Que pensez-vous de l’interprétation de « Tri Martolod » par Nolwenn Leroy, actuellement sur toutes les ondes ?

Merci, merci, merci, merci Nolwenn Leroy ! Je ne la remercierais jamais assez. Manau n’est pas un groupe breton, et de ce fait, je n’ai jamais chanté « Tri Martolod » des trois marins. Grâce à Nolwenn, les gens comprennent beaucoup mieux Manau aujourd’hui. Manau c’est quoi ? Avant tout, c’est un conteur qui raconte des histoires au travers de musique celtique et non un groupe trois marins comme beaucoup l’envisageait. Grâce à elle, nous sommes enfin libérés du côté « crêpes, galettes, Bretagne, menhirs » qui nous pesait tant. Très tôt, on nous avait collé une étiquette de « sac à dos breton » dont on ne parvenait absolument pas à se débarrasser. Aujourd’hui, c’est chose faite ! Merci Nolwenn !

On abandonne Manau (l’artiste) à présent, au profit de (l’homme) Martial Tricoche. Qui êtes-vous ?

Décrivez-vous en trois mots.

Toujours dans le doute

Quelle est votre qualité première ?

L’humilité (nous souffle son agent)

Avez-vous une addiction particulière ?

Le sport

Gourmand ou gourmet ?

Les deux

Côté mode, vous êtes plutôt chic ou choc ?

Choc, très très choc !

Vous partez en voyage, quels sont vos indispensables ?

Un short et des tongs

Quelle situation peut vous déstabiliser ?

Les filles, évidemment !

Votre dernière colère ?

Je ne suis absolument pas colérique. Mauvaise question !

Quelle est votre plus grande fierté ?

Je suis très fier de Manau, de son parcours, du groupe et des gens qui m’entourent

Votre dernier achat « coup de cœur » ?

Un short

Quelle est la plus grosse gaffe que vous ayez commise ?

Je suis le roi de la gaffe ! Je suis le François Pignon dans «Les Compères » interprété par Pierre Richard, c’est tout dire, non ?

Quelques dates à retenir :

  • Le 23 mars 2012 à Quillan (dpt : 11)

  • Le 28 avril 2012 à Nesle (dpt : 80) lors de la nuit celtique de Nesle

  • Le 3 août 2012 en Suisse à l’occasion du Guinness Irish Festival

De nombreuses dates sont en cours de validation, n’hésitez pas à consulter son carnet de route sur son site officiel et sur Facebook Martial Tricoche (Manau)

Propos recueillis par Armelle H.

Credit photo portrait : Sandrine Fesq

One thought on “MANAU

  1. salut a tout ton equip je suis fan de toi depuis que je suis tout petit ésque vous aver envisager de venir jouer en bretagne ? merci

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