FESTIVAL DE CANNES – PLACE AU COURT MÉTRAGE !

Le 64e Festival du cinéma se déroulera, comme chaque année, à Cannes, du 11 au 22 mai 2011. Mélanie Laurent (si je vous dis « La Rafle ») est attendue en tant que maîtresse de cérémonie. Cette manifestation est particulièrement investie par les professionnels, qui attendent tous, l’annonce de la Sélection officielle, prévue le 14 Avril.

Pour l’heure, c’est avec Pauline Wittge (scénariste et réalisatrice) que nous avons rendez-vous ! Il m’a été offert de la rencontrer, il y a quelques jours, au restaurant Carré Sud de Montrond-les-Bains, à l’occasion d’une soirée événement.

Pauline bonjour ! Peux-tu en quelques mots nous raconter ton parcours professionnel du haut de tes vingt printemps ?

« Parcours professionnel » … C’est drôle, mais cette expression me fait froid dans le dos !  Ça fait « grande personne », je ne m’y reconnais pas. Tout s’est fait de façon tellement atypique, mais cependant très naturelle. En septembre 2008, j’ai commencé une Prépa Cinéma/Journalisme, qui s’avéra d’ailleurs être beaucoup plus tournée vers le journalisme. Personnellement, l’éthique me paraissait assez déplaisante et n’était pas en accord avec mes principes. J’ai donc arrêté les cours en janvier 2009 : décision difficile à prendre mais très réfléchie.

Me voilà donc partie vers l’inconnu, sans but réel. J’ai alors ressenti une angoisse profonde, face à ce vide professionnel qui me remettait en question. L’inactivité n’étant pas ma tasse de thé, j’ai, durant une année, exercé divers petits jobs : ménage, intérim, serveuse en extra… jusqu’à me retrouver début 2010 avec un joli pactole. Facile à dire lorsque vous ne vous assumez pas encore. Je vis chez maman.
Le cinéma m’obsédait. Je détenais mon scénario. Il me fallait sauter le pas coûte que coûte. J’ai alors passé une annonce à la recherche de mes futurs techniciens. Mon équipe fut bouclée le 25 décembre au soir… Joyeux Noël !

Comment est né le scénario de ton premier court métrage intitulé « Je suis née deux fois » ?

Ça c’est un mystère que je ne m’explique pas… Un soir, alors que je rangeais mon bureau, l’histoire me tombe dessus, d’un coup d’un seul ! Je l’ai écrit en une nuit, d’une seule traite. Beaucoup de personnes furent étonnées par son contenu car il traite des violences conjugales. Certains m’ont même demandé si c’était du « vécu » ! Heureusement que non ! Ce n’est ni le reflet de ma vie, ni celui de mes proches. Il s’agit simplement d’un sujet qui me tient à cœur.

Où-a-t-il été tourné ? Qui sont les acteurs et les personnes qui figurent dans ta distribution ?

Le court métrage fut tourné à St Etienne, dont je suis originaire, avec des acteurs stéphanois, s’il vous plaît ! Principalement des amis, sauf un acteur trouvé sur casting, grâce à une association audiovisuelle.

Peux-tu nous révéler le budget nécessaire à cette première réalisation ? Où trouve-t-on cette somme à ton âge ?

Techniquement le film à une valeur de 19.000,00 €, mais le gérant de la Sté Red Film basée sur Paris qui m’a fourni le matériel et la main d’œuvre, a bien accroché sur le scénario et m’a proposé une coproduction réduisant ainsi le coût de façon appréciable. J’ai évidemment accepté, sans quoi je n’aurais pas eu les moyens de le faire. Toutes mes économies y passèrent, mais ne suffirent pas.  Maman et ma sœur m’ont aidé financièrement à réaliser ce rêve, mon rêve. Je ne les remercierai jamais assez !

Une fois en boite, tu te mets au défi de proposer ton court métrage à la sélection du Festival de Cannes en 2010. Un gros challenge à 19 ans, non ?

Plus qu’un challenge, un rêve ! Ce fut réellement impressionnant ! Derrière les paillettes et le glamour se cache un festival de très grande qualité. Je m’y suis inscrite plus pour « rigoler », par défi ! Mais qu’elle ne fut ma surprise lorsque je reçus mon accréditation. J’étais bouche bée !

À qui adresse-t-on un court métrage ? Quel est le potentiel réel de commercialisation de ce format ?

Quoiqu’on en pense, ce ne sont pas les opportunités qui manquent. Un court peut être racheté par une chaîne de TV (sur le câble, certaines ne se consacrent qu’à ce format), un site web, une association, une ville,… A l’occasion des festivals, nombreux sont les diffuseurs friands de ce petit format passe-partout qui est idéal à retransmettre avec un long métrage au cinéma, par exemple.

Après le premier sacre, tu poursuis ta passion et te lances dans un second court métrage. Comment l’as-tu anticipé ? En quoi est-il différent du premier, dans l’écriture, la réalisation, le choix des acteurs et le lieu de tournage, …. ?

Le scénario du second était en fait écrit depuis plusieurs années déjà. Le sujet est brûlant d’actualité : l’eau potable, sa rareté et donc sa valeur. Pour le réaliser, je voulais des acteurs professionnels car le jeu devait être très juste. Je pense notamment à une scène, où la mère a les larmes aux yeux. Il me fallait de l’émotion à l’état pur ! J’ai donc opté pour un casting. Sur le plan « réalisation », je suis partie plus confiante car entre temps j’avais travaillé sur des captations de concerts et des films institutionnels. J’ai également participé au festival : « Faire un film en 48h ». J’ai donc eu une approche plus décontractée de mon travail, trop peut-être ! Mais au final ça marche quand même et je suis ravie du résultat !

Mon cadre de tournage, je l’ai découvert par hasard. Alors que je déjeunais dans un restaurant de ma région, Les Iris à Andrézieux, je n’ai pu résister à l’envie d’entrer dans cette magnifique cave à vin, que je devinais par la porte entr’ouverte. Un véritable coup de cœur ! La propriétaire des lieux a accepté généreusement que je tourne dans son restaurant, et je la remercie du fond du cœur !

Quel est ton regard sur ta vie professionnelle aujourd’hui ? Où sont tes priorités ?

Je n’ai pas envie de me prendre très au sérieux. Ma priorité ? M’AMUSER ! Je suis consciente de ma chance et infiniment reconnaissante.

Cannes : ultime récompense, reconnaissance ! Mais également beaucoup de pression, de stress, non ?…

C’est surtout très, très impressionnant ! C’est fou ce que je me suis sentie petite au milieu de toute cette foule. J’ai surtout observé pour ne pas me laisser emporter par le tourbillon. Les soirées cannoises sont assez uniques en leur genre ! Ni me faire marcher sur les pieds. Là encore, j’ai beaucoup appris. C’est simple, cette année,  je passe à l’offensive !

Qu’attends-tu de ce 64e Festival ?

Des rencontres ! J’aimerai vendre mon film, ou du moins contacter une boîte de production, pour m’aider dans le financement et m’assister administrativement, parce que ça, ce n’est vraiment pas mon point fort !…

Quel est ton prochain objectif ?

Un scénario un peu plus long est actuellement en écriture…

Si tu étais une affiche de cinéma, tu serais ?
Into The Wild
Une actrice américaine ?
Meryl Streep
Un félin ?
Une lionne
Une émotion ? La mélancolie
Une tenue vestimentaire ? Un tailleur pantalon.
Un bijou ? Une montre.
S’il ne te restait qu’une journée à vivre, qu’en ferais-tu ? Une journée comme toutes les autres.

Nous serons de tout cœur avec toi Pauline, durant tout ce festival, et te souhaitons longue route vers les étoiles !

Propos recueillis par Armelle H.

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