ALAIN CHAMFORT

Né le 2 mars 1949 à Paris, Alain Chamfort, de son vrai nom Alain Le Govic, est chanteur et compositeur de musique. Il est l’un des chanteurs et compositeurs des plus prolifiques de la variété française.

Dès son plus jeune âge, il débute l’apprentissage du piano qui deviendra son instrument de prédilection. Adolescent, Il fonde assez rapidement son premier groupe, les Dreamer’s qui jouent principalement du jazz. De groupe en groupe, il rejoint alors les Mods, en devient leader, se met au chant et ils signent chez Vogue. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, mais une rencontre se profile à l’horizon : Jacques Dutronc.  Les Mods l’accompagnent sur sa chanson Et moi, et moi, et moi, pendant quelques émissions de télévision, puis Dutronc reprend ses musiciens, tout en proposant à Alain de rester. Ils enregistrent ensemble plusieurs titres, puis Alain quitte Dutronc pour enregistrer seul en signant avec Dick Rivers.

Remarqué par Claude François, ce dernier lui fait enregistrer ses premiers succès comme Adieu mon bébé chanteur et L’Amour en France ; c’est la période Flèche (label Claude François). Catalogué à l’époque de « chanteur à minettes », il connaîtra des succès avec des chansons parlant de sentiments et d’amour. Après quelques années, les rapports avec Claude se détériorent. Alain quitte le label Flèche et continue sa carrière solo, après un tube Le Temps qui Court (1975).

En 1976, il signe chez CBS Records afin de changer de style et obtient une totale liberté artistique, ce qui lui permet de se défaire de son étiquette. 1977 correspond à l’année du Renouveau, il fait appel à Serge Gainsbourg pour les textes. Naissance de Manureva, vendu à près d’un million d’exemplaires, qui reste à ce jour le plus grand succès de sa carrière.

Depuis 1983, Alain Chamfort travaille avec Duvall. Commence alors une série de « tubes »: Bambou, Chasseur d’ivoire, Paradis, Bons baisers d’ici, Traces de toi, La Fièvre dans le sang, Souris puisque c’est grave, Clara veut la lune, L’ennemi dans la glace, il obtient la Victoire de la Musique du meilleur vidéo clip en 1994.

Après une baisse de succès, son contrat avec Sony n’est pas reconduit, il signe alors chez Delabel et sort en 2003 Le Plaisir. C’est le grand retour ! Mais le disque n’est pas totalement abouti… Victime précoce de la crise du disque, Alain est alors contraint de quitter sa maison de disque.
Il rebondit en 2004 avec le clip des Beaux Yeux de Laure, clip remarqué par les médias et très diffusé. Il remporte la Victoire de la musique du meilleur vidéo-clip l’année suivante. Ironie du sort !
Depuis 2005, il a signé avec un label indépendant, XIII Bis Records.

Aujourd’hui, Alain Chamfort rebondit à nouveau et nous surprend encore avec son nouvel album Une Vie Saint-Laurent, consacré à Yves Saint-Laurent. Sorti le 16 février 2010, ce dernier connaît un succès public et critique, réalisant un bon démarrage avec 7962 exemplaires vendus en une semaine. Il est aujourd’hui disque d’or.

« Une vie Saint Laurent » est le nouvel album d’Alain Chamfort retraçant en 16 chansons la vie d’Yves Saint Laurent, mort le 2 juin 2008. Avec son ami compositeur et complice Pierre Dominique Burgaud, il nous livre ainsi la biographie musicale d’Yves Saint Laurent. De sa naissance à Oran à sa première collection pour Dior, de sa rencontre avec Pierre Bergé à la création d’YSL Couture puis à la consécration mondiale, un parcours unique à travers le siècle, la mode, l’amour, l’argent, la fête, les addictions. Un voyage au coeur de la société française de ces 50 dernières années, un destin exceptionnel pourtant toujours teinté de mélancolie.

Rencontre avec l’Elégance même, en la personne d’Alain Chamfort !

Alain bonjour ! Manureva, écrit en collaboration avec Serge Gainsbourg en 1978, est encore à ce jour votre titre de référence. Comment l’expliquez-vous ?

Cette chanson a touché un large public, tant par son actualité, son rythme, ses paroles. Pourquoi celle-ci en particulier ? Je ne sais pas. Les raisons d’un succès, tel que celui-ci, nous échappent un peu.

Quelles traces artistiques ou personnelles avez-vous conservées de Serge Gainsbourg ?

Son sens aigu de l’esthétique, avant tout. Serge était sensible à la beauté, à l’harmonie. Il avait un goût prononcé pour les belles choses, et savait les mettre en valeur.

Vos ruptures de contrat successives avec vos maisons de disques Sony et Delabel ne semblent pas avoir été un frein irréversible dans votre parcours. Avez-vous le sentiment d’avoir repris votre carrière « en main », de vous impliquer beaucoup plus, de gérer vous-même votre propre affaire ?

C’est évident ! J’ai découvert une liberté nouvelle depuis que je ne suis plus lié à un label. J’éprouve un soulagement certain à ne plus cautionner les formules imposées. C’est un réel plaisir de pouvoir répondre seul à une séduction artistique ou marketing !

Malgré une carrière menée en dents-de-scie, vous paraissez plus affirmé, plus lumineux que jamais. À qui le devez-vous ? À vos victoires sur vos échecs ? À la fidélité de votre public ?

Aux regards bienveillants qui se posent sur moi, sans aucun doute !

Nouveau rebondissement avec la proposition de Pierre-Dominique BURGAUD. Hommage à Yves Saint Laurent dans votre merveilleux album ! Vous ne l’avez jamais côtoyé… Regret ?

Je l’ai abordé de façon différente, sans rencontre physique, certes, et m’en suis fait une image personnelle. Yves Saint-Laurent éprouvait quelques problèmes de communication. Il pouvait vous aimer et vous désaimer en peu de temps. Il était exigeant dans tous les domaines. Je n’aurais pas souhaité souffrir d’une telle relation !

À la droite de DIOR, YSL ! À la droite d’Alain CHAMFORT, la magie du temps qui passe ? Une fibre artistique inépuisable ?

(rire) Le facteur chance tient une place énorme dans ma vie. J’ai rencontré tout au long de mon parcours des gens talentueux et profondément humains. Marc Moulin, Jacques Duvall, Pierre-Dominique Burgaud en sont les principaux acteurs !

Vous proposez un livre disque (Ed. Albin Michel) renfermant une biographie musicale, mais également divers articles évoquant YSL. Comment ce produit, quelque peu original, est-il accueilli par votre public ?

Cette biographie sonore et visuelle unique, rassemble également quelques portraits inédits ou rares, des croquis, des dessins, des photos de défilés, accompagnés par les textes de Robert Murphy, qui dévoilent et témoignent de l’extraordinaire créativité d’un mythe du XXe siècle. Ce livre est plutôt accueilli par les admirateurs d’Yves Saint-Laurent. Mon public privilégie le CD actuellement. Nous pouvons d’ores et déjà annoncer la sortie imminente du DVD.

Comme nous tous, vous vous êtes rendu à l’exposition YSL au Petit Palais à Paris. Les textes de l’album ont–ils pris un autre sens après votre visite ?

Non, pas du tout. Il s’est avéré que notre approche (à Pierre-Do et moi-même) était juste et que nous étions parvenus à retranscrire l’essentiel. Notre impression fut renforcée après la projection du film « L’Amour Fou » de Pierre Thorreton, qui raconte la relation entre Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Nous étions satisfaits !

Votre tournée en France est-elle déjà figée ?

Elle débutera en 2011, mais je ne suis pas encore en mesure de vous communiquer les lieux et dates. À suivre !

Après la France, envisagez-vous une tournée à l’étranger ? À Marrakech ? Dans les jardins de Majorelle, par exemple ?

L’idée est belle ! Mais ce n’est pas prévu. Par contre, l’exposition Yves Saint-Laurent doit se poursuivre à l’étranger et il est fort probable que notre spectacle fasse l’ouverture. À suivre également !

Question mode à présent. D’où provient cette élégance naturelle que vous affichez ? Avez-vous un styliste attitré ?

Non. Vous savez, c’est très embarrassant de parler de soi. Je pense que cette façon d’être provient de l’éducation. Ma mère attachait beaucoup d’importance à notre tenue, elle était très vigilante à ce sujet. J’ai prolongé son regard sur moi tout au long de ces années, sans aucun doute.

La femme en pantalon (version YSL) vous l’approuvez ? Smoking or not smoking ?

Complètement ! Yves Saint Laurent a énormément contribué à ce mouvement de libération de la femme. Il les a accompagnées, encouragées, aidées dans ce sens, en leur apportant un peu de pouvoir sur les hommes. J’aime les femmes affirmées, indépendantes ! Ma mère était de ces femmes-là ! Elle est toute ma référence et ma préférence !

Pour vous, quel est le vêtement féminin par excellence, synonyme de séduction ?

Ce n’est pas le vêtement, le plus important, c’est l’allure ! Regarder une femme faire vivre son vêtement dans son quotidien… elle est là la féminité !

Par quel biais, peut-on suivre votre actualité ?

www.alain-chamfort.net

FB Alain Chamfort (Une Vie Saint Laurent)

Merci Alain Chamfort, pour ces quelques instants volés et je vous dis « RENDEZ-VOUS AU PARADIS ! »

La toute première d’Une Vie Saint-Laurent aura lieu à la maison des Arts de Créteil

Samedi 9 Octobre 2010 à 20h30

Propos recueillis par Armelle H.

One thought on “ALAIN CHAMFORT

  1. Nous sommes en présence d’un artiste culte et pilier de la chanson française de ce siècle qui mérite une meilleur place que celle qu’on lui attribut aujourd’hui. S’il y a des bonnes volontés qui se rassemblent pour que ça change avec mes faibles moyens je suis avec eux.
    Serge Diouf

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