HYMNE AUX MOCASSINS

photo : The Sartorialist

Pour beaucoup les mocassins sont associés au style bourgeois pincé, mèche au vent et carte UMP dans la poche. L’ultime élément du look jean difforme, chemise en lin et pull sur les épaules, délicatement noué. Mais il y a mocassins et mocassins. Sachez-le ! Je vote à gauche et j’ai envie d’une paire de mocassins. Scandale !

Mais reste à choisir laquelle. En effet, trois grandes catégories se présentent à moi :

Les rétrogrades à glands, en cuir laqué, qui durent une vie et qui ne sont envisageables que si on a dépassé la cinquantaine et que l’on est cadre, patron ou au mieux, Président de la République. Le pouvoir passe par une belle paire de mocassins Berlutti.

Les  artisanaux, vestiges des traditions tomahawk avec coutures grossières qui donnent à la chaussure la forme d’un bec de canard, avec du raphia en guise de lacets et des franges !

Les modernes et libérés, aussi appelés « driving shoes », ils sont souvent faits de cuir souple guère épais, la semelle de gomme (picots ou semelle intégrale). Ils offrent aux pieds le confort des pantoufles. Normalement utilisés pour la conduite, ils sont très fragiles et offriront à leur propriétaire une durée de vie limitée sur le bitume urbain.

N’ayant ni l’âme fière d’un Président de la République, ni la dextérité d’un chasseur tomahawk, mon choix va s’orienter vers des mocassins type « driving shoes » en cuir souple nubuck de chez Tod’s. Reste à déterminer le plus important, la couleur. Une palette de couleurs est proposée par la marque, de la plus sinistre et commune (noire) à la plus gaie (jaune).  J’opterai pour un violet royal, aussi présomptueux qu’offensant. Un élément d’apparat. Peu importe qu’ils soient portés avec un short, un jeans ou un pantalon, ils apporteront le coup de grâce à mon allure et une douceur à mes petits petons. Mes convictions vacillent : « Puisqu’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! ».

A peine rentré de mon après midi shopping, je me dois de faire des essais devant mon miroir. Premier essai : polo jaune, cardigan turquoise, short beige et mocassins violet. Gagné !

Deuxième essai : chemise bleu, blanc, rose, cardigan vert sapin, pantalon velours moutarde et mocassins violets. Jackpot !
Pour ceux à qui la couleur fait peur, j’ai essayé avec un total look noir, col roulé, jodhpur et cheveux plaqués, mais la faucheuse ne s’en remettrait pas.

Essais concluants à la maison et dans la rue alors ? Dans ma jungle urbaine provinciale, ils font forte impression à la faune monochrome de sandales, de baskets, de souliers et de Crocs.
Avant de les ranger pour les protéger, je les regarde dans le violet des yeux pour les remercier, avant de faire la promesse de les retrouver pour d’autres aventures.

Julien Zimmermann-Busset

2 thoughts on “HYMNE AUX MOCASSINS

  1. J’adore les gens qui s’autorisent de dire qu’ils votent a gauche.
    Pour eux c’est tendance, cool, symbole de partage. Tu as la même tolérance lorsqu’un mec cris tout haut qu’il vote front national? I

  2. voila mon problème, j’ai porté des mocassins tout l’été, confort intégral mais je n’arrive plus a trouver des chaussures conforts pour l’hiver ! donc peut on porter des mocassins l’hiver et les quelles? merci

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