LA MOMSEN VOIT LA VIE EN GRUNGE

Lorsqu’une quinquagénaire botoxée jusqu’aux orteils, et sacrée icône fashion depuis le début de sa carrière, en l’an 4 avant Jesus Luz (1982 pour les nuls en maths/biographie de mannequin), rencontre une anorexique aux cheveux peroxydés, au regard panda-esque, et propulsée it girl par une it série où elle interprète une irritante adolescente perdue, ça donne… MATERIAL GIRL. La ligne de fringue teenage de Madonna, qui, en bonne mère de famille, a choisi d’épargner sa petite Lourdes de fille des projecteurs en lui retirant son statut d’égérie. Ou bien qui, en bonne femme d’affaire, a choisi d’utiliser le minois très black & white de Taylor Momsen, l’insupportable Jenny de Gossip Girl et leader des Pretty Reckless (pour qui elle a d’ailleurs freiné ses apparitions dans la série), comme tête de gondole.

La ligne, largement inspirée par la Madone herself, période « recherche Suzanne désespérément » est une accumulation de détails cloutés, grungy, effilochés, entullés, bref, la parfaite panoplie pour devenir le petit clone de Taylor/Jenny. Inutile de préciser que la ligne s’adresse à un public en proie à une grosse crise identitaire, ce qui me mène à la question suivante: pourquoi Madonna?

Après une relation surmédiatisée avec le petit Jesus, qui a globalement la moitié de son âge, Madonna s’obstine à rester aussi jeune que sa fille de 13 ans. Quant à la jeune Taylor, qui était l’an dernier l’égérie de New Look, celle-ci devrait éventuellement songer à d’une part finir sa crise d’ado, dans la mesure où elle côtoie le monde du travail depuis bien longtemps et, d’autre part, essayer d’associer son image à des projets un peu plus trendy. Après tout, elle jouit du statut de it girl, elle se permet de mettre de côté une série iconique pour cartonner avec un groupe de nénettes punkettes, et elle ose déclarer aux médias américains que son meilleur ami était son vibromasseur… Autant dire qu’elle marche sur les pas de son illustre aînée (et désormais boss), le prestige des collaborations avec D&G ou Vuitton en moins.

Marine Revel

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